Jean Baden Dubois: la BRH et d’autres acteurs évaluent l’impact de la crise sur les entreprises…

Publié le 2019-11-19 | lenouvelliste.com

« La BRH a déjà rencontré les acteurs financiers et entreprend une évaluation de l’impact de la crise sur les différentes entreprises, des microsentreprises aux moyennes, pour une réponse adéquate », a confié au Nouvelliste le gouverneur a.i de la banque centrale, Jean Baden Dubois, vendredi 15 novembre 2019. « L’agenda pro-croissance devra évoluer vers un partenariat avec différents secteurs (privé, public, ministériel et international) pour évoluer vers une transformation socioéconomique soutenable », a-t-il expliqué. 

La BRH a déjà écrit à des responsables d’associations du secteur des affaires, a appris le journal. « Tous les présidents d’associations ont reçu une correspondance de la BRH concernant les dommages causés aux entreprises pendant la période que nous venons de vivre et que nous sommes en train de vivre. Nous sommes dans un processus de collecte d’informations pour les transmettre à la BRH afin de savoir ce qui peut être fait pour atténuer les effets de la crise », a confié au journal le président de la Chambre de commerce et d’industrie d’Haïti, Frantz Bernard Craan.

Frantz Bernard Craan a évoqué un ensemble d’actions à discuter dans le cadre d’un paquet de mesures qui pourraient aider les entreprises. Pour celles qui ont des prêts auprès des banques commerciales, Bernard Craan plaide en faveur d’une restructuration. La BRH, pour faciliter ces restructurations effectuées par les banques commerciales, pourrait prendre des mesures pour diminuer le taux de provisionnement du prêt. Une  banque commerciale, lorsqu’elle doit restructurer un prêt, doit provisionner 50 % du prêt. Cela diminue le profit de la banque. Après le tremblement de terre du 12 janvier 2010, au lieu de 50 % de provision, la BRH avait  accepté 2 % de provision. Cette disposition avait permis aux banques commerciales de restructurer les prêts d’un tas d’entreprises, a expliqué Frantz Bernard Craan.

La restructuration du prêt peut permettre aussi l’élargissement du délai de paiement. Cela diminuerait les montants mensuels à payer et affecterait moins le cash flow de l’entreprise. Cette mesure a été prise par le passé. Elle peut être reprise. La BRH peut également réduire le coefficient de réserves obligatoires sur les dépôts en gourdes et en dollars, ce qui permettrait d’avoir plus de liquidité afin de pouvoir élargir les délais pour repayer. Ce sont des mesures que la BRH peut prendre du jour au lendemain, a expliqué Frantz Bernard Craan.

Pour Frantz Bernard Craan, la banque centrale peut également travailler avec le ministère de l’Économie et des Finances sur d’autres types de mesures, les taxes que des entreprises doivent à l’Etat. On peut prendre des dispositions pour allonger les délais qui sont prévus normalement par la loi pour payer et éliminer les pénalités de retard. Cela a été fait après le tremblement de terre, a-t-il indiqué.

C’est sur ces choses que l’on va travailler. Il faut que les entreprises donnent des relevées des pertes qu’elles ont encourues. Ces relevées doivent correspondre aux bilans qu’elles déposent à la DGI, a insisté le président de la Chambre de commerce et d’industrie d’Haïti, Frantz Bernard Craan, interrogé jeudi soir par le journal, vingt-quatre heures avant la décision de la BRH de revoir ses taux directeurs.

La banque centrale s’apprête à desserrer la vis sur le crédit en baissant le taux d’intérêt des bons BRH sur les maturités de 7, 28 et 91 jours. Le taux d’intérêt, revu à la baisse, passera, à partir du 19 novembre 2019 de 10 %, 14 % et 22 % à 5 %, 7 % et 15 %. Le taux de mise en pension des bons BRH est de 22 %, selon un avis de la BRH en date du 14 novembre  à toutes les institutions bancaires et non bancaires.

Pour l’économie, l’année 2019 est la plus terrible depuis le tremblement de terre du 12 janvier. Le taux de croissance réel du PIB pour cet exercice se situe entre -0,6 et 0,0 %, selon les prévisions de la BRH.

Si la BRH et des associations du secteur privé sont en mode évaluation, la page de la crise politique n’est pas pour autant tournée. Le 18 novembre, l’opposition a appelé à manifester à travers pays pour obtenir le départ du président Jovenel Moïse. Les écoles sont toujours fermées et les perspectives pour la fin d’année restent floues, plombées par l’incertitude.



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