La France en faveur de la reprise du dialogue en Haïti

Publié le 2019-11-13 | lenouvelliste.com

La secrétaire d’État Amélie de Montchalin a été interpellée hier mardi par le député Gabriel Serville sur la situation en Haïti. L’élue de la République en marche a exprimé la position de son pays en ce qui concerne la crise. « Dans l’immédiat, la position française est claire. D’abord, il faut vraiment assurer la sécurité de nos compatriotes en Haïti puisque la communauté française compte 1900 personnes inscrites », a-t-elle fait savoir. 

Plus loin, Amélie de Montchalin estime qu’il faut éviter une nouvelle crise humanitaire en Haïti. « Quatre millions de personnes sont en insécurité alimentaire, pour l’année 2020, et deux millions d’enfants ne sont pas scolarisés. Nous offrons une aide alimentaire d’urgence et nous travaillons avec l’Union européenne pour également nous atteler à une action concrète sur le terrain en cas de dégradation », a-t-elle assuré. 

D’un autre côté, la France, selon Amélie de Montchalin, est en faveur d’un dialogue entre les acteurs. « Notre priorité, c’est de soutenir la reprise d’un dialogue avec l’ensemble des forces de l’opposition et l’ensemble de la société civile. Nous avons signalé, et je le refais devant vous ici aujourd’hui, que nous sommes prêts à soutenir ce dialogue, en lien avec l’Union européenne et en lien avec l’Organisation internationale de la francophonie, car nous pensons que ce dialogue est la seule réponse possible à l’urgence sociale et la voie de sortie à la crise politique actuelle », estime-t-elle. 

La secrétaire d’État dit inviter le président Jovenel Moïse de se montrer à la hauteur afin de réaliser ce dialogue. La France ne veut pas d’une nouvelle situation chaotique en Haïti, les Haïtiens les plus vulnérables en sont les premières victimes. C’est au président haïtien d’être à la hauteur des circonstances, de manière à éviter cette crise et à mettre en place vraiment maintenant un dialogue national dont le pays a plus que jamais besoin », a-t-elle appelé.

 Amélie de Montchalin souligne que, depuis septembre, Haïti est désormais dans une crise manifeste, à la fois économique, sociale et politique. La diplomate a également mis l’accent sur la crise institutionnelle qui sévit dans le pays. « L’ensemble des manifestations appellent à la démission du président Jovenel Moïse. Dimanche, une plus faible mobilisation laisse entrevoir un répit, après deux mois de troubles particulièrement violents. 42 personnes ont perdu la vie, selon l’ONU, et 19 tuées par les forces de l’ordre. Cependant, le point essentiel, c’est qu’il n’y a pas de gouvernement investi par le Parlement et que la situation politique est donc totalement bloquée et l’activité économique paralysée », analyse-t-elle. La position de la France s’ajoute à celles, entre autres, des États-Unis, de l’ONU, du Canada  de la Conférence épiscopale de l’Amérique latine, etc., qui proposent le dialogue comme solution à la crise que traverse le pays depuis plusieurs mois. 



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