Les activités reprennent dans l’aire métropolitaine de Port-au-Prince

Au cours des trois derniers jours, à l’exception des activités scolaires, c’est la reprise totale des activités dans certaines communes de l’aire métropolitaine de Port-au-Prince. Le fameux mouvement baptisé « peyi lòk » est, selon toute vraisemblance, en plein ralentissement. Le petit commerce, les supermarchés, les succursales de banque, les maisons de transfert, le transport en commun sont fonctionnels dans une large proportion de l’aire métropolitaine notamment dans la commune de Carrefour.

Publié le 2019-11-06 | lenouvelliste.com

Les activités économiques reprennent dans toutes les communes de l’aire métropolitaine de Port-au-Prince. Depuis lundi, on assiste à une reprise de la vie dans plusieurs zones. La tendance est encore plus marquée ce mercredi. Le bas de la ville, qui ressemblait à un désert, recommence à être actif. C’est le moment de rependre place. Dans les parages de la Cathédrale jusqu’au boulevard Jean-Jacques Dessalines, on observe une opération de déblayage de la capitale. Cela porte ses fruits. Des dizaines de tréteaux utilisés par les contestataires afin d’obstruer les rues sont récupérés et sont en train d’être réparés.

L’administration publique, certaines entreprises privées, le marché informel, le transport en commun, tout semble revenir à la normale. Les montagnes de détritus sont encore présentes à Port-au-Prince. Les eaux stagnantes également. Mais la volonté de reprendre les activités l’emporte. « Le centre-ville, c’est mon gagne-pain, c’est là que se trouve mon entreprise », a relaté un détaillant de la rue des Miracles. Cet homme se fait le porte-parole de plusieurs centaines d’autres détaillants qui ne vivent que de la rue, de la débrouillardise.  Il se dit pourtant conscient du danger mais, poursuit-il, il s’agit d’un risque calculé.

L’économie formelle n’a pas non plus chômé ce mercredi. Plusieurs entreprises fonctionnent normalement. Les banques commerciales ont suivi ce courant. Mais la commune de Carrefour est celle qui représente la plus fidèlement ce regain d’activité. Dans cette municipalité, il n’y a aucune trace de pneus enflammés. Les marchés de Duvalier, de Bizoton, de Lamentin et de Dèyè Pòs, fonctionnent à plein régime. Même les madan sara ont pu exposer les produits maraichers et des légumes issus des sections communales reculées.

À Carrefour, toutes les zones sont reliées. Les deux routes principales sont complètement accessibles. Les montagnes d’immondices remarquées à Mahotière, à Mon-Repos, à côté du marché Dèyè Pòs, à l’entrée de la ruelle Larose et à l’entrée du complexe commercial Corona ne sont pas irrégulières.

Cette reprise est très bénéfique pour les secteurs productifs, notamment pour l’agriculture. C’est la reprise complète au niveau des parcs industriels et d’autres entreprises de production. Avec la communication entre les sections communales et les villes, les produits agricoles atteignent, bien que difficilement, certains grands centres de commercialisation.

Dans cette commune, seules les activités scolaires font encore défaut. C’est le secteur qui subit davantage les méfaits de la crise. Plus de pneus enflammés depuis tantôt une semaine. C’est là que la flamme de mobilisation de l’opposition connaît le coup d’arrêt le plus manifeste. La tentative de reprendre la main mardi s'était soldée par un échec.


 



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