« Depate bannan n », la nouvelle opération de l’opposition

Le groupe des quatre sénateurs de l’opposition a rencontré la presse le jeudi 24 octobre 2019 pour lancer une nouvelle série de manifestations dans le pays à partir du dimanche 27 octobre. Ces sénateurs, qui se croient tout près du but, appellent leurs partisans à se mobiliser « avec beaucoup plus d’énergie » afin de venir à bout du président de la République.

Publié le 2019-10-24 | lenouvelliste.com

Après une « finale » ne consacrant aucun champion, des opérations qui n’ont pas libéré le malade de son mal et un « dernier assaut » laissant l’adversaire à sa place initiale, les sénateurs Nenèl Cassy, Ricard Pierre, Anthonio Cheramy et Évalière Beauplan se sont présentés à la presse pour appeler, une nouvelle fois, les Haïtiens à fouler le macadam pour venir à bout du coriace adversaire, le président Jovenel Moïse.

Coriace adversaire ! Oui, mais le sénateur Nenèl Cassy demeure optimiste. « Nous pensons avoir déjà atteint une bonne partie de notre objectif », lance l’élu des Nippes qui a quasiment passé une quinzaine de minutes à « saluer l’engagement de personnalités et de secteurs qui se sont joints à la bataille » de la capitulation du président.  

S’il faut, à chaque fois, trouver un slogan apte à inciter le peuple à cracher son ras-le-bol, l’opposition, loin de la logique de l’opération « Moun fou », propose « Depate bannann » en référence à la bananeraie qui a valu au président Jovenel Moïse le surnom de « Nèg bannann nan » lors de sa double campagne électorale en 2015 et 2016. Et si le terme « depate » renvoie à quelque chose de fracassant, les sénateurs de l’opposition peuvent se frotter les mains pour avoir fait passer leur message le plus implicitement possible, à  travers un simple slogan.

À ce point, l’intervention du sénateur de l’Ouest Anthonio Cheramy peut en dire long : « Nou pa mande nou touye moun men nou mande nou frape pye nou atè », clame-t-il, avant de rappeler : « Nou te frape pye nou pasifikman, yo touye nou. »

Si leur message est bien compris par leurs partisans et surtout si l’adversaire n’arrive pas à le décoder et à se préparer à l’évidence, les quatre sénateurs de l’opposition flairent déjà une rentrée triomphale dans l’ère de la transition de « trois ans » où « le projet de l’Alternative consensuelle » sera d’application stricte. C’est si limpide dans la tête du sénateur du Sud-Est, Ricard Pierre, que dans son intervention il n’a fait aucun cas des autres propositions de sortie de crise déposées sur la table par d’autres groupes réclamant, eux aussi, le départ du président Jovenel Moïse.



Réagir à cet article