Passerelle/Commission de passation de pouvoir

Aucune communication entre Jovenel Moïse et les deux commissions qui travaillent sur une sortie de crise

Alors que le ministre a.i de l’Economie et des Finances a déclaré mercredi matin sur Radio Magik 9 que le président de la République est actuellement en discussion en vue de la formation d’un nouveau gouvernement, la Passerelle et la Commission de passation de pouvoir ont fait savoir au Nouvelliste qu’elles n’ont aucune communication avec Jovenel Moïse.

Publié le 2019-10-23 | lenouvelliste.com

Le président de la République est en négociations avec certains secteurs en vue de former un nouveau gouvernement, a annoncé le ministre a.i de l’Economie et des Finances mercredi matin sur Radio Magik 9. Jouthe Joseph, qui n’était pas en mesure d’apporter des précisions sur les secteurs en discussion avec Jovenel Moïse, a fait savoir que le gouvernement démissionnaire va travailler sur le budget 2019-2020. « Nous souhaitons que ce budget soit voté avant la fin de la 50e législature le deuxième lundi du mois de janvier 2020», a-t-il dit, soulignant que le chef de l’Etat va convoquer en session extraordinaire les députés pour voter cette loi de finances.

Le ministre Joseph a précisé que le prochain gouvernement légitime qui sortira des négociations entre le chef de l’Etat et l’opposition pourra toujours modifier le budget que le gouvernement démissionnaire prépare. Quoique démissionnaire et censuré par la Chambre des députés, le ministre a.i de l’Economie et des Finances a fait savoir que ce gouvernement est l’émanation du Parlement et il revient au Parlement de le remplacer.

Contacté mercredi par Le Nouvelliste pour savoir si l’Alternative consensuelle est en discussion avec le président de la République sur la formation d’un nouveau gouvernement, le coordonnateur de la Commission de passation de pouvoir  a fait savoir au journal qu’il n’y a aucune communication entre l’opposition politique et le chef de l’Etat.

Me Gervais Charles a informé que la commission de passation de pouvoir multiplie des rencontres avec des secteurs importants et travaille en vue du choix des trois membres de la Cour de cassation dont l’un sera choisi par les signataires de l’Alternative consensuelle comme président provisoire de la République.

Le porte-parole de la Passerelle a aussi fait savoir au Nouvelliste que cette structure composée des principales organisations de la société civile n’a aucun contact avec le chef de l’Etat et n’est pas au courant de la formation d’un gouvernement. « Nous n’avons pas de contact avec le Palais national, mais nous avons rencontré un membre du PHTK et une autre réunion avec le comité du PHTK est programmée pour ce vendredi », a confié au Nouvelliste le pasteur Lemète Zéphyr.

Selon lui, cette rencontre avec le PHTK rentre dans le cadre des rencontres de la Passerelle avec les organisations politiques pour arriver à un accord politique. En ce sens, la Passerelle a déjà rencontré les organisations politiques Pitit Dessalines, Mache Kontre, Fanmi Lavalas, Fowòm Patryotik, l’Alternative consensuelle, entre autres.

« Nous avons eu deux rencontres avec la communauté internationale, à savoir l’ambassadrice américaine en Haïti et le Core Group », a fait savoir au journal le porte-parole de la Passerelle.

Officiellement, le Palais national n’a pas encore répondu à la lettre de démission d’Évans Paul, Jean Rodolphe Joazile, Sainphor Liné Balthazard et Josué Pierre-Louis, respectivement coordonnateur, porte-parole, secrétaire rapporteur et membre de la commission de dialogue du président de la République. « Certains d’entre nous ont été contactés par des proches du président nous demandant de revenir sur notre position. On a répondu non et maintenu notre position : le mandat du chef de l’État doit être sur la table du dialogue », a confié au Nouvelliste un démissionnaire requérant l’anonymat.

« À la suite des déclarations du président de la République lors de la conférence de presse tenue le 15 octobre 2019 au Palais national qui ont invalidé les travaux déjà engagés par le comité chargé de conduire les discussions pour une solution concertée de sortie de crise, nous, soussignés, avons le regret de vous informer que nous avons décidé de nous retirer dudit comité », lit-on dans la lettre de démission portant les signatures d'Évans Paul, Jean Rodolphe Joazile, Sainphor Liné Balthazard et Josué Pierre-Louis acheminée le mercredi 16 octobre au secrétaire général de la présidence, Lyonel Valbrun.

Il ne reste en poste maintenant dans la commission qu'Émilie Jessy Solon Menos, porte-parole, Rénald Lubérice et Jude Charles Faustin, membres. Avec la démission de quatre membres sur sept, la commission est pratiquement dissoute.

Pour Jude Charles Faustin, qui est aussi conseiller du président de la République, malgré la démission de quatre membres, la commission n’est pas caduque pour autant. « La commission existe mais elle ne peut pas fonctionner. Il revient au président, à travers le secrétariat général du Palais national, de décider si la commission va être complétée ou si on va tout laisser tomber », a-t-il précisé sur radio Magik 9.

Entre-temps, les deux autres commissions formées par les secteurs clés de la société civile et l’Alternative consensuelle pour trouver une solution à la crise multiplient les rencontres sur le terrain. Ces deux structures exigent la démission du chef de l’État et cherchent à former un gouvernement de transition ou de sauvetage national.



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