L’épouse du journaliste Néhémie Joseph reçoit des menaces et craint pour sa vie

Publié le 2019-10-16 | lenouvelliste.com

Après l’assassinat de son mari, feu le journaliste Néhémie Joseph, Shella Saint-Jean reçoit des menaces de toute part. C’est ce qu’elle a confié au journal ce mercredi en milieu de journée. L’intéressée qui craint pour sa vie décrit la situation cauchemardesque qu’elle subit depuis l'assassinat de son mari à Mirebalais, le jeudi 10 octobre dernier.

« Il y a eu des tirs dans les parages de notre maison à plus de cinq reprises. Cela se passe toujours le soir. Des individus non identifiés lancent des pierres en direction de la maison. De plus, je remarque des personnes inconnues qui m'espionnent à chaque fois que j’interviens à la radio », détaille-t-elle. 

Shella Saint-Jean souligne que cette situation ne lui est pas étrangère puisque les mêmes choses se produisaient avant l’assassinat de son mari. Toutefois, ajoute-t-elle, ces événements remuent le couteau dans la plaie alors qu’elle n'a même pas encore fait le deuil de son défunt époux. 

Elle indique avoir recouru aux autorités judiciaires du département du Centre sur sa situation ce mercredi. Shella Saint-Jean demande aux autorités d’assumer leurs responsabilités et d’assurer sa sécurité ainsi que celles de ses parents. « J’aimerais vivre dans un endroit où je ne me sens pas intimidée », a-t-elle fait savoir. Elle exige aussi que justice soit rendue à son défunt mari. « J’aimerais qu’il obtienne justice. Son assassinat ne doit pas rester impuni comme cela a été le cas d’autres journalistes comme Jean L. Dominique, Jacques Roche ou encore Vladjimir Legagneur etc. La justice haïtienne doit faire la lumière sur ce qui s’est passé », souhaite-t-elle.

Le journal a tenté sans succès d’avoir la réaction du gouvernement sur la situation de l’épouse du journaliste.

Le corps sans vie du journaliste Néhémie Joseph a été découvert le jeudi 10 octobre au parc Bayas, à l’entrée de la ville de Mirebalais. Tué de plusieurs balles, il a été retrouvé dans le coffre de son véhicule.

Le directeur général de radio Panic FM, Joseph Allan Junior, avait confirmé le lendemain sur les ondes de Radio Magik 9 que Néhémie Joseph, qui animait une émission sociopolitique sur Panic FM, a été l’objet de menaces. Dans une publication sur sa page Facebook le 29 septembre dernier, le journaliste avait pointé du doigt l’ancien maire Élionel Casséus qui l’aurait dénoncé auprès du sénateur Rony Célestin comme l’un des journalistes qui alimente les mouvements de protestation  à Mirebalais. Le sénateur aurait à son tour donné son nom à des chauffeurs à Belladère.

Néhémie Joseph avait attiré l’attention sur des complots ourdis à son enconte à Belladère. Il avait remis sa vie entre les mains du sénateur et entre celles de l’ex-maire. «  C’était une parmi les nombreuses menaces qu’il recevait », avait souligné Joseph Allan Junior.

Pour le moment aucune date n'a été retenue pour les funérailles du journaliste Néhémie Joseph. 



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