Crise

L’économiste Fritz Jean voit une situation économique insurrectionnelle extrêmement difficile à contenir 

Publié le 2019-10-21 | Le Nouvelliste

Cela fait six semaines que la crise socioéconomique ne cesse de s’aggraver dans le pays. Cette situation inquiète l’économiste Fritz Alphonse Jean qui parle d’une économie en lambeaux. « Nous vivons une situation insurrectionnelle dans un environnement aussi délétère. L’économie ne marche pas, les maillons les plus faibles en font les frais », a indiqué l’ex-gouverneur de la BRH, intervenant sur les ondes de la radio Caraïbes.

« Notre économie était déjà en difficulté avec un PIB de 8 milliards de dollars pour 11 millions habitants alors qu’en République Dominicaine on parle d’une économie de 72 milliards pour la même taille  de la population. L’économie haïtienne produit 650 millions de dollars par mois. Ces derniers mois, il n’y a pas de production de valeur ajoutée dans l’économie haïtienne », a relaté l’économiste Jean.  Il continue avec détail à l’appui que l’État n’arrive pas à collecter les recettes à la DGI qui tourne autour de 3. 5 milliards de gourdes par jour et la douane qui perçoit entre 3,4 milliards de gourdes par jour en situation normale. « Les derniers évènements ne font qu’aggraver la situation économique du pays mais ne sont pas responsables de tous les maux dans l’économie haïtienne », s’est-il empressé de souligner. D’après l’économiste Fritz Alphonse Jean,  le taux d’inflation de 19,6 % n’est pas provoqué par les évènements de « peyi lòk » et commence bien avant.

Face à la révolte populaire et l’aggravation de la crise, Fritz Alphonse Jean voit que les fenêtres deviennent de plus en plus fermées pour le pouvoir en place du fait que ce dernier laisse la situation s’envenimer chaque jour.

Pour l’économiste, les marges de manœuvre que le président avait pour négocier avec les différents groupes organisés étaient assez importantes.

« Plus qu’on avance, plus ceux qui nous gouvernent font semblant de ne rien comprendre, plus les fenêtres se referment. Malgré tout, la présidence détient une marge de manœuvre très réduite s'il accepte de mettre des choses sur la table de discussions. Il a l’intérêt de négocier le départ ordonné pour éviter de perdre ces marges de manœuvres », a prévenu l’économiste plus loin. Selon l’économiste Jean, en politique, la capitale de confiance est importante pour convaincre les réseaux sociaux. Cependant, il voit que les différents groupes sociaux lâchent le président, même les plus hésitants commencent à prendre position sur la situation de crise.

« Toutes  les revendications populaires sont la conséquence de la mauvaise gestion de l’économie depuis quelque temps et la perception que les couches les plus vulnérables a de la gouvernance économique du pays », a fait remarquer l’ex-gouverneur de la BRH. À ses yeux, le niveau de précarité de la population tend à nous conduire tout droit vers le chaos. « On fait face à une saison d’anomie qui crée un environnement insurrectionnel extrêmement difficile à contenir », a révélé l’économiste. Si la transition qu’on parle va se faire dans la logique « ôte-toi que je m’y mette », elle ne durera pas deux semaines, s'inquiète l'économiste qui pense que la transition peut aider à redresser la barre.

Fritz Jean revient toutefois avec cette question pertinente que plus d’un se pose : comment faire face aux difficultés auxquelles le pays est confronté au niveau économique?  

L’ex-gouverneur de la BRH décrit plus loin une situation de crise aigüe qui sévit dans le pays qui touche toutes les couches sociales particulièrement les couches intermédiaires qui payent les pots cassés parce que, avance-t-il,  « Ces dernières n’arrivent pas à répondre à certaines obligations bancaires et se sont souvent exposées au déferlement des manifestants », a-t-il conclu.  

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