Des morts, des dizaines de blessés par balle, des commissariats attaqués et des entreprises privées pillées

Publié le 2019-10-01 | Le Nouvelliste

Des dizaines de milliers manifestants ont choisi le macadam pour répondre à la demande de trêve formulée par le président Jovenel Moïse. Des manifestations, émaillées de violences et de scènes de pillage ont eu lieu à Port-au-Prince, aux Gonaïves, à St-Marc, à Mirebalais, aux Cap-Haïtien, aux Cayes, à Jérémie, à Léogâne, à Petit-Gôave, etc

Port-au-Prince et plusieurs villes du pays connaissent une situation insurrectionnelle depuis au moins deux semaines. Vendredi, plusieurs milliers de pereonnes ont investi les rues pour exiger le départ du président de la République. Ces protestations réalisées un peu partout sur le territoire national sont émaillées d’actes de violence. Les manifestants s’en sont pris à des bâtiments publics, à des entreprises privées, etc. Plusieurs personnes sont mortes ou blessées par balle au cours de ces événements. Le Nouvelliste a contacté ses correspondants et d’autres sources afin d’avoir un bilan partiel de ces événements.

Au niveau de la région métropolitaine, le journal a appris qu’un incendie a touché l’entreprise Carribean Craft, situé à Maïs-Gâté, vendredi 27 septembre. Magalie Noël Dresse, la propriétaire de cette entreprise spécialisée dans la fabrication de produits artisanaux a confié au journal que les flammes ont dévoré les commandes pour de grandes compagnies américaines. Celles-ci n’ont pas pu être expédiées à cause des semaines de " peyi lòk" provoquées par la rareté de l’essence.

Le feu a également provoqué des dégâts au niveau de l’entreprise de location de véhicules Avis. Au moins 9 véhicules ont été dévorés pas les flammes. « Cela nous a affecté. On a subi des dommages », avait confié le responsable de Avis, Jacques Villejoint, interrogé vendredi par le journal.

Toujours tôt vendredi, des manifestants de Cité-Soleil ont pris d’assaut la base de l’UDMO située dans le plus grand bidonville du pays. Une source contactée par le journal avait indiqué que “grâce à la couverture d’un véhicule blindé, les agents ont pu déplacer les véhicules, les matériels, les équipements, les armes et les munitions qui étaient dans la base… ». Cependant, dans une vidéo circulant sur la toile, on peut voir des habitants de Cité Soleil, notamment des adolescents, en train de restituer des casques, des boucliers et d’autres matériels.

Des manifestants ont investi et pillé l’espace de travail et de réseautage dénommé Banj en marge de la manifestation du vendredi 27 septembre dernier. Toujours sur la route de Delmas, des manifestants ont également mis à sac et brûlé les locaux de l’entreprise Kreyatif Hands. Les manifestants ont également attaqué les locaux de la Sogebel et Keijzer Computer également situés dans le secteur. Une maison a été incendiée à Pétion-Ville tandis que plusieurs entreprises ont fait l’objet de jets de pierre. 

Aux Gonaïves, le correspondant du journal, Jodherson Cadet, rapporte que des manifestants ont attaqué les locaux de la délégation départementale de l’Artibonite le 27 septembre dernier. Il indique que le sous-commissariat de police de Bigot a fait l’objet de jets de pierre au cours de cette journée. “L’opposition locale informe que 6 personnes ont été blessées lors des manifestations, parmi lesquelles une adolescente de 16 ans”, rapporte-t-il.

Lundi dernier, rapporte Jodherson Cadet, des manifestants ont attaqué le complexe médical du sénateur Carl Murat Cantave. “Le même jour, ils ont également attaqué l’hotel Ô Divin, propriété du directeur départemental des Ministères des travaux publics. Des véhicules se trouvant sur la cour ont été endommagés”

A Saint-Marc, les manifestants ont attaqué et pillé le sous-commissariat de Frescineau vendredi dernier, a rapporté notre collaborateur sur place. “Ils ont désarmé les policiers qui étaient sur place. Ensuite ils ont pillé le  sous-commissariat.  Un véhicule a été incendié. Après Frescineau, ils ont tenté de prendre d’assaut le commissariat de Saint-Marc. Ils ont lancé des pierres sur le bâtiment durant une vingtaine de minutes. Les policiers présent ont résisté”, rapporte-t-il, soulignant également que le bureau du député Samuel D’Haïti ainsi qu’une clinique qui se trouve dans le même bâtiment ont été également saccagés. Lundi dernier, des établissements scolaires, des banques commerciales ainsi que le bureau de l’EDH ont fait l’objet de jets de pierres. “Nous avons constaté 3 blessés à l’hôpital”, a indiqué Sem Nonor au journal. Une maison, un véhicule et une motocyclette ont été incendiés mardi après qu’un protestataire avait reçu une balle en caoutchouc. 

Le département du Centre était tendu le 27 septembre dernier, selon notre correspondant Joram Moncher. “La ville de Mirebalais était particulièrement en effervescence. Il y a eu cas plusieurs cas d‘arrestation. Il y a eu également 5 blessés: Alténor Divenson 28 ans, Joseph Hughenson alias Boby, 45 ans, Junior Mahotière (39 ans), Wilbert Espiègle (19 ans) et Paul Wesly. Madame Boston Israël est décédée à l’Hôpital universitaire de Mirebalais après avoir inhalé du gaz lacrymogène”, détaille-t-il, ajoutant qu’une dizaine de personnes interpellées la semaine dernière ont été libérées le vendredi 27 septembre. Joram Moncher a également rapporté que le commissariat de Thomonde a été attaqué hier samedi. 

Vendredi 27 septembre, des civils armés ont fait plusieurs blessés par balle à Samarie (entrée nord du Cap-Haïtien) au moment où l'opposition locale s'apprêtait à manifester, rapporte Gérard Maxineau, correspondant du journal. “En représailles, un groupe de manifestants ont incendié plusieurs maisonnettes à Shadah, quartier limitrophe de Samarie où les civils armés se seraient regroupés, selon les manifestants en colère.

Ces affrontements entre manifestants et civils armés ont fait plus de 20 blessés dont au moins 15 par balles, selon une source proche de l'hôpital universitaire Justinien. Ces affrontements ont créé une vive tension dans cette zone occupée par la police. Au cours de la semaine des manifestants ont attaqué une école professionnelle dirigée par le député Jean Etienne ”, a-t-il informé. Le correspondant a également indiqué que la police a déployé les grands moyens pour empêcher que les manifestants s’en prennent aux bâtiments publics. “Certains de ces bâtiments ont quand même fait l’objet de jets de pierre”, précise-t-il. 

Le journal a appris que des individus ont mis le feu, jeudi 26 septembre, au lycée Capois La Mort, de Ouanaminthe. Le censorat ainsi que les matériels qui s’y trouvaient ont été ravagés par les flammes. 

A Jacmel, six personnes ont été blessées vendredi 27 septembre parmi lesquelles cinq par balles et une par arme blanche, selon Claudy Bélizaire. Pour les bâtiments publics, le correspondant du journal à Jacmel indique que le tribunal de paix de ville a été incendié dans l'après-midi par des individus non identifiés. Il y a eu aussi une tentative d'incendie de la Direction hénérale des impôts (DGI). Mercredi, des individus non identifiés ont tenté d'incendier les lycées Pinchinat et Célie Lamour de Jacmel. Le bureau administratif du centre semi-autonome de l'Ed'H de Jacmel a été aussi l'objet d'une tentative d'incendie. Les portes donnant accès à l'entrée de ces institutions ont été incendiées par des individus dans la nuit du 25 au 26 septembre.

A Petit-Goâve, des individus ont mis le feu au parking des locaux de l’EDH vendredi dernier. “Des câbles électriques, des batteries ainsi qu’une motocyclette ont été consumées par le feu. De plus, les greffes du parquet de du tribunal de première instance ont été incendiées. Tous les dossiers qui s’y trouvaient ont été complètement détruits. La barrière principale du bureau de l’OAVCT a été saccagée . Les manifestants ont également détruit la majorité des compteurs Ed'H des ménages. Des individus ont mis le feu à la barrière principale du commissariat. Il y a un mort et un blessé par balle ”, a rapporté une journaliste locale contactée par le journal.

Dans la ville des Cayes, la situation est particulièrement tendue depuis début septembre. Les activités scolaires sont paralysées. Plusieurs établissements scolaires, notamment Externat Saint Joseph et le Collège des frères Odile Joseph, ont été la cible de manifestants. Des entreprises privées sont également attaquées. “Des individus non identifiés ont pillé une station d’essence à Charpentier hier samedi. Ils ont emporté le coffre-fort et les armes des agents de sécurité. On avait déjà saccagé une autre station d’essence vendredi dernier au niveau du boulevard des Quatre-chemins. Deux magasins ont été pillés le même jour au niveau de la deuxième Grand-Rue. Certains propriétaires ont dû payer des rançons pour éviter que l’on ne pillent leurs commerces. Le parking de la compagnie Dignité a été vandalisé. Des batteries ont été volées. La même chose s’est produite dans le parking de la direction départementale du ministère des travaux publics”, a confié une source au journal. 

Cette source a également indiqué que deux organisations non-gouvernementales ont été saccagées entre vendredi et samedi. “Vendredi, des manifestants ont saccagé et pillé la Caritas. Ils ont pris les produits alimentaires qui s’y trouvaient. Samedi, on a également pillé l’ONG Caris. Les locaux de l'institution ont été vandalisés, et  les individus ont aussibincendié un véhicule retrouvé sur les lieux”, détaille-t-il.

A Jérémie, le journal a appris que quatre personnes sont blessées lors d’affrontements à l’arme blanche entre deux groupes de manifestants vendredi dernier...

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