Gangs armés: « Il est plus facile d’avoir une arme AR-15 qu'un kit scolaire », révèle le maire de Port-au-Prince  

Publié le 2019-08-27 | lenouvelliste.com

Face à la prolifération des gangs armés à l’entrée sud de Port-au-Prince et d’autres zones de la capitale, le maire Youri Chevry n'y va pas par quatre chemins pour parler de la réalité de sa ville. Sans faire l’économie de l’information, il a révélé au journal qu’il « est plus facile de se procurer au centre-ville de Port-au-Prince une arme automatique AR-15 qu’un kit scolaire pour préparer la rentrée des classes ».

« Ici, personne n’a le contrôle de quoi que ce soit », balance-t-il dans une interview accordée au journal mardi soir.  « Le fusil d'assaut AR-15, version civile du fameux M16 de l'armée américaine, se vend comme des bougies ces temps-ci », dénonce l’édile de Port-au-Prince. Il ne s’arrête pas là.  Ralph Youri Chevry confirme que ces fusils automatiques sont entrés à travers les douanes dans des containers. « La question est où est-ce que ces individus trouvent les munitions pour utiliser ces armes automatiques ? », se demande le maire, qui dénonce les accointances d'élus avec les bandits.

« Pour la plupart des bandits, ces armes leur servent de gagne-pain », souligne le maire avant de déclarer « qu’il y a plus de fusils d’assaut  illégaux et de munitions qui circulent dans les gangs dont la force de feu est supérieure à celle de la Police nationale. Ils ont des armes dont la Police ne dispose même pas et plus de munitions», affirme le maire. 

D’après l’édile de Port-au-Prince, le nouveau chef a.i de la PNH ne va pouvoir résoudre le phénomène de l’insécurité que s'il est un magicien. « Des quartiers entiers sont totalement délaissés. Le problème de sécurité est à 75% politique. Le commissariat de Port-au-Prince qu’on dit qui doit travailler avec la mairie a cette mission uniquement sur le papier », a pesté M. Chevry. Selon lui, c’est encore une chance de pouvoir identifier qui est bandit et qui ne l'est pas. Il continue plus loin pour dénoncer le fait que la mairie n’a que huit policiers attachés à son service. « Je constate l’ampleur de l’insécurité comme tous les autres membres de la population », répond le maire Ralph Youri Chevry comme pour admettre son impuissance.



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