Entrepreunariat

L' écosystème entrepreneurial haïtien, entre opportunités et défis

Dans l’objectif de mettre en avant les secteurs d’activités, la firme EGM Strategy & Management a organisé, le 10 juillet dernier une causerie autour du thème : « Ecosystème entrepreneurial haïtien : Challenges et opportunités » à La Réserve Restaurant, à Pétion- Ville. Cette rencontre a notamment permis aux différents panélistes réunis de pointer du doigt les défis de l’écosystème entrepreneurial en Haïti.

Publié le 2019-07-16 | lenouvelliste.com

Le panel de la deuxième sortie des soirées « Linkup  » qu’entend réaliser la bande à Grégory Morisset était composé d' Etzer Émile de Haïti Efficace, Rock André de Cedel Haïti, Marc Alain Boucicault de Banj et de Philippe Saint-Cyr de Caseli. Par ce concept de « link up meet & greet », le focus est mis non sur l’entrepreneur mais plutôt sur le secteur d’activité », a déclaré Grégory Morissette.

Pour le P-DG de la firme EGM Strategy & Management  , ces types d’évènements servent dans un premier temps à mettre en avant le secteur d’activité et à permettre que des opportunités puissent se créer. « L’entrepreneur ou le professionnel qui participe à une de nos causeries a  la possibilité de trouver un fournisseur ou un partenaire dont il était à la recherche », a fait remarquer Grégory Morissette, annoncant  qu’après le « beauty care » c’est au secteur des affaires d’être sous les feux des projecteurs de la société EGM avec les systèmes d'accompagnement des entreprises.

Dans son intervention, Etzer Émile a reproché à « la République d’Haïti d’être beaucoup plus prédatrice qu’accompagnatrice ». Intervenant sur les défis que connaît l’écosystème entrepreneurial en Haïti, l’économiste a déclaré ne pas comprendre que l’État puisse demander à une entreprise qui vient d’être créée de payer des taxes alors qu’en principe cette dernière n’a pas encore eu d’activités. Selon lui, la fiscalité demeure le plus grand défi pour un entrepreneur sans compter les infrastructures dont Marc Alain Boucicaut de Banj a dénoncé aussi le manque d’accès. En exemple, il a pris le cas de l’énergie.

À côté de ces défis, le fondateur de Banj a aussi énuméré le processus de création des entreprises qu’il trouve infernal et le manque de fonds d’innovation. Pour Marc A. Boucicault, ce processus est trop difficile. « La formalisation d’une entreprise chez nous est  trop long, trop coûteux./ », lâche-t-il. Dans un pays qui veut favoriser l’entrepreneuriat, on ne peut pas mettre autant de barrières devant ceux qui veulent se lancer dans les affaires avec autant de paperasses à remplir et de montants à verser.  Au contraire, ajoute-t-il, il devait y avoir un environnement propice à la création d’entreprises afin de soulager la population.

Rock André a, pour sa part, mis l’accent sur l’instabilité politique qu’il estime être un cancer pour ce secteur. Le responsable de Cedel Haïti et copropriétaire  de Pot iwa Pizza a expliqué ses effets néfastes sur les affaires. « À la pizzeria, on est obligé de mettre en lieu sûr notre chandelier et l’écran géant à chaque annonce de manifestation, de peur qu’on ne les détruise. C’est une situation intenable pour quelle que soit l’entreprise qui visiblement se trouve dans l’impossibilité de planifier correctement», déplore-t-il.  

Dans la même veine, Philippe Saint-Cyr a pointé du doigt le système légal et les accords économiques. Il a fait remarquer que la loi doit être valable pour tous et non pour une catégorie. D’après lui, « il n’est pas normal que l’État ne garantisse pas à un entrepreneur un recours pour récupérer son argent ». Les entrepreneurs sont livrés à eux-mêmes le plus souvent  pour réclamer ce qui leur est dû, regrette Philippe Saint-Cyr. Il a aussi parlé des accords économiques qui soint loin d'être   suffisants, selon lui.

Malgré tous ces défis avancés, les panélistes  encouragent les porteurs d'idées  à  s'investir car ,il est un fait que   l’écosystème entrepreneurial haïtien regorge d’opportunités à saisir.



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