La rue réclame le départ du président Jovenel Moïse, lâché par l’Église catholique et le secteur privé haïtien

Publié le 2019-06-09 | lenouvelliste.com

Dimanche 9 juin 2019, midi, partis du viaduc du carrefour de l'aéroport, symbole du gaspillage et des détournements des fonds générés par l'accord PetroCaribe, plusieurs milliers de manifestants longent la route de Delmas à l’appel des petrochallengers et de l’opposition pour exiger la démission du président Jovenel Moïse, a constaté le journal Le Nouvelliste. Les manifestants ont laissé des barricades après leur passage. Il n’y a pas d’attaque contre des entreprises, a observé Jean Daniel Sénat, reporter du journal qui couvrait la manifestation qui se trouve à haut Delmas, en direction de Pétion-Ville avant de mettre le cap sur la place de la Constitution, à quelques centaines de mètres du palais présidentiel. D’autres médias ont rapporté des manifestations dans plusieurs villes de province dont Gonaïves, Jérémie et les Cayes.

Ces manifestations appelant à la démission du président interviennent à un moment où le président Jovenel Moïse est lâché par des secteurs vitaux de la nation comme les évêques catholiques et les principales associations patronales d’Haïti. L’Église catholique a appelé les hommes et femmes nouveaux à se mettre au service de la nation et les patrons ont souligné que le président Jovenel Moïse et le Parlement font partie du problème, non de la solution. La publication du second rapport de la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif (CSC/CA) sur l’utilisation du fonds PetroCaribe indexant Jovenel Moïse et son entreprise dans un stratagème de détournement de fonds publics a joué un rôle d’accélérateur à ce mouvement. La dégradation de la situation socioéconomique du pays et l'insécurité grandissante n’aident pas le président Moïse. Avant les manifestations de ce dimanche, des diplomates avaient exprimé leurs préoccupations et appelé à un dialogue constructif pour sortir de la crise.

Jusqu'à présent, aucune initiative de mettre autour d’une même table le président et ses opposants n'a pu débuter voire aboutir à des propositions de sortie de crise.



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