FC Toro : plus qu’une équipe de football

PUBLIÉ 2019-05-22
C’est au parc Sainte-Thérèse de Pétion-Ville que l’académie FC Toro a organisé la 7e édition de son traditionnel tournoi, baptisé « flagday », tenu tous les ans, le 18 mai. Différente des éditions précédentes, celle de 2019 a été, selon l’avis du directeur sportif, un grand succès. Jérôme Velfert, qui en a profité pour toucher du bout des doigts les maux qui gangrènent, dit-il, notre football, a accepté volontiers de dévoiler la philosophie de l’académie présidée par Patrick Bonnefil.


La 7e édition du tournoi flagday (fête du drapeau) organisé par l’académie du FC Toro, avec la participation des joueurs qui n’ont des licences qu’au sein de l’académie, a eu lieu dans une ambiance festive, cordiale et bon enfant. À preuve, ils étaient nombreux, les parents composant le public ayant pris d’assaut l’enceinte du parc Sainte-Thérèse.

Tout au long de la journée, 380 jeunes (filles et garçons), divisés en 10 catégories, dont les U-13 et U-17 filles, ont enflammé le parc avec de beaux dribbles, des feintes, des tirs... En tout et pour tout, ils ont disputé 85 rencontres.

Arrivé à l’académie du FC Toro le 3 avril 2016, Jérôme Velfert a pu développer une idée commune, dit-il, avec le président de l’académie Patrick Bonnefil. Selon sa philosophie, l’académie doit avoir des entraîneurs formés. Ce faisant, précise-t-il, ces derniers seront en mesure de former nos jeunes footballeurs.

« On veut former des coaches à devenir des formateurs. Vous savez qu’en Haïti il y a beaucoup de talents, mais ce sont des talents mal utilisés. Les responsables ont oublié fort souvent qu’on ne peut pas entraîner un gamin de 12 ans de la même façon qu’un autre âgé de 16 ans. Au sein du FC Toro, on a pu organiser des stages de détection des talents à Mirebalais, Saint-Marc et Gressier. Le constat, c’est qu’on a pu remarquer que les coaches ont besoin d’être formés pour éradiquer ce mal qui gangrène le football national », a déclaré sans langue de bois le technicien français.

Jérôme Velfert, qui réside au pays depuis tantôt 5 ans, a pu identifier les raisons pour lesquelles les jeunes footballeurs haïtiens n’ont pas pu s’imposer en Europe lorsqu’ils ont la possibilité d’effectuer un essai au sein des clubs de haut niveau.

« Malgré les qualités de nos joueurs, ils n’ont jamais reçu un bagage technique et une culture tactique pouvant leur permettre de jouer dans le haut niveau lorsqu’ils ont atteint l’âge de 17, 18, 19 et 20 ans », a clairement identifié le directeur sportif du FC Toro qui a laissé entendre que l’académie qu’il dirige a des contacts à l’étranger.

« On a des contacts avec le GPS et le Bayern Munich qui ont des structures aux USA et en Europe. Ces derniers peuvent faciliter nos jeunes à aller effectuer des stages en Espagne ou en Grèce. En Haïti, non. Certains dirigeants de clubs nous ont contactés, mais ça ne nous intéresse pas pour l’instant. Dans notre équipe de D3, il n’y a que des joueurs âgés de 16, 17 et 18 ans. Ceux qui sont plus âgés iront en stage à l’étranger ou intégrer d’autres clubs en Haïti », a expliqué Jérôme Velfert avant de faire allusion à la 7e édition du flagday.

« Avant mon arrivée, le flagday existait. D’ailleurs nous sommes à la 7e édition. Ce tournoi se déroulait sur 6 à 7 semaines où les responsables invitaient d’autres académies à y participer. L’an dernier, il y avait 90 matches disputés par plus de 60 équipes. Au fond, j’ai été déçu parce qu’il y avait des responsables qui venaient avec des enfants qui n’ont pas l’âge exigé. On a pu remarquer aussi que les horaires n’ont pas été respectés. Il a fallu une vision nouvelle pour tout modifier. En accord avec Patrick Bonnefil, on a décidé de faire bénéficier tous les licenciés du FC Toro du flagday. C’est désormais un tournoi moderne où participent tous les 380 licenciés du FC Toro, exceptés les 18 joueurs retenus pour disputer le match de l'équipe de D3. On a récompensé les finalistes et chaque participant a eu droit à une médaille. Ça a créé un vrai engouement à l’interne parce qu’on a mélangé à la fois les joueurs qui font partie de l’académie élite et ceux qui sont dans l’académie dite club », s’est réjoui le directeur sportif.

À la question, que faire si l’équipe accédait à l’élite du football haïtien ? Visiblement serein, il a répondu de la façon suivante : « On acceptera de monter en deuxième division et se stabiliser dans cette compétition. Notre objectif c’est d’avoir des joueurs de 16 à 17 ans en D3 et ceux qui ont 18 et 19 en D2. Des joueurs n’évoluant qu’au FC Toro. Ils auront pour mission de stabiliser dans ces deux divisions pour continuer leur formation. C’est notre objectif d’avoir dans deux ans une équipe en D2, car nous avons déjà une autre qui évolue en D3 cette année. On ne va pas se laisser prendre par des résultats. C’est un message assez difficile à comprendre. Ici on fait de la formation, il ne faut pas tenir compte de l’aspect résultat », clame haut et fort le technicien français.

En guise de conclusion, Jérôme Velfert, l’air serein, laisse présager un avenir prometteur pour l’académie FC Toro. « On a déjà mis en place une idée bien précise de jeu et on travaille à créer une identité propre à FC Toro. Et puis, quelque soit les résultats, cela importe peu. On va mettre l’accent sur l’aspect formation individuelle des joueurs avant de penser au collectif. »

Du 25 mai au 1er juin, au parc Sainte-Thérèse de Pétion-Ville, l’académie FC Toro organise la première édition de la Coupe régionale du FC Toro avec la participation des équipes juvéniles venues des départements de l’Ouest, de l'Artibonite et du Centre.



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