Gestion désastreuse du parc industriel de Caracol, la Sonapi sur la selette…

Publié le 2019-04-03 | Le Nouvelliste

Le ministre du Commerce et de l’Industrie, Dr Ronel Gilles, ne s’est pas défilé. Il a confié, en interview avec le journal, mardi 2 avril 2019, que le parc industriel de Caracol (PIC) « n’a pas toujours été géré à la satisfaction des parties » par la SONAPI. Le ministre du Commerce, président du conseil d’administration de la Sonapi, a reconnu l’existence de multiples problèmes au PIC. « Au niveau du parc, nous avons des problèmes de sanitation, de déchets, d’eau potable, de traitement d’eau, de transport des ouvriers. Il y a aussi des problèmes de service de l’ONA et de l’OFATMA »,  a égrené le Dr Gilles en marge de la vente-signature d’un ouvrage dans le cadre du 40e anniversaire de la BRH, au Karibe Convention Center.

« Nous sommes parfaitement conscients de ces problèmes. Il nous a pris du temps pour trouver la solution idoine », a avoué le ministre du Commerce et de l’Industrie du gouvernement démissionnaire. « Par rapport aux problèmes qui se sont posés là-bas, nous avons cherché la solution. Nous ne disons pas que nous l’avons tout à fait trouvée, cependant, nous venons  justement de désigner une commission ad hoc qui va s’occuper de ces problèmes auxquels je viens de faire allusion pour apporter des solutions rapides et correctes », a indiqué le Dr Ronel Gilles. « Si ça se passe bien, on verra si cela fonctionne », a poursuivi le ministre, qui garde un « petit espoir » quant à l’éligibilité d’Haïti à l’obtention des 41 millions de dollars de don de la BID pour financer la cinquième phase de l’expansion du parc industriel de Caracol. « Nous ne pouvons pas déclarer que nous avons perdu l’argent. Avec cette solution trouvée à la dernière minute, nous gardons un petit espoir », a indiqué Ronel Gilles, qui a eu des discussions avec la BID. 

Les ministères de l’Economie et des Finances, du Commerce et de l’Industrie se sont mis « ensemble pour apporter des solutions aux problèmes ». « Nous n’avons pas de gros espoir, mais un tout petit espoir », a affirmé le Dr Ronel Gilles, qui assure que SEA-A (S and H Global ) ne délocalisera pas ses nouvelles capacités de production en République dominicaine.  « J’ai vu des lettres dans lesquelles les compagnies coréennes demandent plus d’espace. Je ne pense pas qu’elles vont s’en aller... Je ne dis pas qu’elles vont sursoir à la création d'autres emplois, mais elles attendent que les choses s’arrangent pour continuer », a affirmé le ministre du Commerce et de l’Industrie.

La Sonapi, sur la sellette, est l’autorité de gestion du PIC, de l’entretien de plus de 250 000 mètres carrés. Elle doit gérer des systèmes complexes d’eau, de transport, d’électricité, d’assainissement et de gestion de déchets et d’eaux usées au niveau du PIC qui compte près de 14 000 employés venant du Cap-Haïtien, de communes et bourgs dans le département du Nord d’Haïti. Face à la croissance du PIC,  le journal a appris que la SONAPI est obligée de louer les services de transporteurs privés parce qu’elle est incapable d’entretenir la flotte de bus dont beaucoup sont laissés à l’intérieur du parc pour cause de réparations mineures jamais effectuées (pneus usagés, batteries défectueuses). Le PIC n’a pas de contrat centralisé de gestion des déchets. Le coût de l’énergie au sein du PIC est élevé (30 ct$US/kWh) et beaucoup plus élevé (double ou triple par unité) que dans les autres pays de la région, ce qui limite la compétitivité du parc. Le parc a des dettes d’électricité non payées. Il devra prouver qu’il a les équipements adéquates pour gérer un incendie de niveau 2. La sécurité du parc n’est pas assurée de manière efficiente, a appris le journal.

« Le PIC n’a pas de contrat centralisé de gestion des déchets. Bien qu’un locataire (MAS Akansyel) dispose d’installations et de services bien organisés pour gérer ses déchets. La réutilisation et le recyclage, dans la plupart des cas, la collecte, le transport et l’élimination des déchets par l’intermédiaire d’un entrepreneur commun à la SONAPI et à d’autres locataires sont inadéquats et non conformes aux normes requises. Le triage et la séparation des déchets sur site sont limités et les rejets sur le site temporaire ne sont pas gérés, ce qui entraîne une pollution tant de l’air que de la nappe phréatique et des conditions dangereuses pour la santé des populations avoisinantes. Les déchets déversés dépassent également la capacité maximale du site puisqu’il n’y en a pas de gestion adéquate. Le PIC ne dispose pas d’installations pour la séparation et l’entreposage temporaire des matières recyclables et à valeur marchande (comme le carton, les plastiques et les textiles) », a appris le journal de sources combinées, au courant du diagnostic plus qu’alarmant fait au PIC qui a déjà bénéficié de plus de 200 millions de dollars de fonds de la BID.  

L’organisation de la gestion du PIC est gênée par le clientélisme politique, les particularismes régionaux. « Le PIC appartient aux gens du Nord », ont confié des sources concordantes.

La cinquième opération du programme PIC consistait en un don de 41 millions de dollars américains approuvé par la Banque mondiale le 14 décembre 2015. Ce don devait financer la poursuite de l’expansion du PIC, c’est-à dire la construction de bâtiments et d’infrastructures connexes essentiellement pour répondre au plan d’expansion des locataires. Ce plan prévoit la construction de quatre grands bâtiments industriels (11 776 mètres carrés chacun) pour accueillir des activités industrielles, une cantine et deux chaufferies ; l’expansion de l’infrastructure et des équipements du PIC à travers l’extension des routes internes et des réseaux d’eau et de drainage, des travaux de protection des berges de Trou-du-Nord au croisement du PIC ; et aussi un soutien opérationnel à la SONAPI pour couvrir une partie des dépenses opérationnelles courantes du PIC, notamment le personnel et les équipements nécessaires à la réalisation des objectifs environnementaux, sociaux et sanitaires, et des mesures d’atténuation ; et un plan d’affaires, a appris le journal, soulignant qu’il y a au total sept conditions avant le premier décaissement de cette phase finale du PIC.

Plusieurs sources, sous le couvert de l’anonymat, ont appelé à un audit complet du parc industriel de Caracol.

Entre-temps, le directeur général de la SONAPI, Bernard Schettini, n’a pas répondu aux questions du journal envoyées par message texte.

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