Où est donc passée l’autorité de l’État en Haïti et pourquoi la faiblesse du pouvoir ?

Il nous est donné de constater au quotidien le manque de respect individuel, celui de notre Charte fondamentale, l’enracinement de mauvaises mœurs, la dégradation de notre société, de notre jeunesse, le « laisser-aller» à tous les niveaux qui choque.

Arthur V. Calixte
13 mars 2019 — Lecture : 3 min.

Il nous est donné de constater au quotidien le manque de respect individuel, celui de notre Charte fondamentale, l’enracinement de mauvaises mœurs, la dégradation de notre société, de notre jeunesse, le « laisser-aller» à tous les niveaux qui choque. Tout ceci, après analyse, est imputable à la démocratie haïtienne.

Les vrais responsables et autres se croisent les bras et assistent impuissants à la destruction morale et physique du pays. Il y en a même qui s’y complaisent dans le but de satisfaire leurs intérêts personnels au mépris de la mère-patrie, comme si, pour eux les intérêts personnels recèlent en eux la vertu d’affranchir Haïti de son état affreux.

L’autorité de l’État est mise en cause. Il n’y a pas de l’État sans autorité, sans équité, sans prestige moral. Tant vaut le chef, tant vaut l’autorité.

C’est l’autorité des chefs à tous les degrés de la hiérarchie et l’intégrité des hommes qui conditionnent les résultats indispensables à un gouvernement, à un pays.

Pour parvenir dans cette conjoncture difficile à soulager un peu le pays, le peuple et la jeunesse, il s’avère nécessaire et urgent de transformer les 5 ministères suivants qui paraissent aux yeux de plus d’un – pour le présent moment peu importants - en bureau pur et simple vu qu’ils ne rapportent rien à l’État et à la population en termes de service, mais qui exigent beaucoup trop :

1.ministère du Tourisme. Dans l’état actuel du pays, on n’a aucune chose agréable à offrir aux touristes qui se déplaceraient pour venir admirer le ciel avec tant de violences et d’insécurité. Nos rues sont plus que sales, c’est du jamais vu ! À chaque carrefour au centre-ville, des immondices se transforment en gerbes de fleurs pour dire : Bienvenue aux touristes. Port-au-Prince se transforme aussi en une poubelle géante. Partout, des assiettes, des sachets et des bouteilles d’eau vides en plastique jonchent le sol. Par temps de pluie, impossible de décrire ce spectacle. L’Haïtien serait-il réfractaire à l’ordre? À la propreté ? À la discipline ? Ou c’est le laisser-aller ? Un bureau du tourisme serait mieux.

2. Quant au ministère des Haïtiens vivant à l’étranger : ceci traduit une incohérence sans précédent. Partout à travers le globe, c’est le ministère des  Affaires étrangères via les ambassades et consulats accrédités auprès des gouvernements étrangers qui régule tout qui se rapporte aux problèmes rencontrés par les ressortissants du pays. Ça, c’est du non-sens, du double emploi gratuit.

3. Le ministère à la Condition féminine, pour éviter toutes dépenses, tout gaspillage, un Bureau à la Condition féminine suffirait et serait mieux.

4.Le ministère à la Culture, quant à lui, s’est fourvoyé dans un labyrinthe complexe- pour n’avoir pas pu faire respecter la culture haïtienne. L’Haïtien, à présent, se comporte de n’importe quelle façon et se plonge totalement dans l’accumulation. Un Bureau aussi de la culture serait mieux.

5.Le ministère de l’Environnement nous laisse drôlement l’impression qu’il n’apporte rien à l’écologie. Il n’a jamais évoqué le reboisement voire se mettre à l’œuvre. Alors, quelle est sa vocation, sa mission ? Un Bureau à l’environnement suffirait.

De tout ce qui précède, et pour toutes ces raisons justifiées, l’on demanderait au chef de l’État et au chef du gouvernement d’aviser aux moyens pour que soient apportés les redressements qui s’imposent en la circonstance en vue de renflouer la caisse Trésor public au bénéfice de la mère-patrie, de la jeunesse, du peuple. Enfin, ces fonds pourraient être aussi utilisés à l’embellissement de notre pays : pour les panneaux de signalisation, les enseignes lumineuses, pour tracer les rues, les routes  et autres au niveau des chefs-lieux et arrondissements de nos 9 départements ; ce qui est un impératif de l’heure.-