Crise politique

Pour mieux dialoguer, Gabriel Fortuné demande à Jovenel Moïse de mettre le poste du Premier ministre à la disposition de l’opposition

Publié le 2019-03-06 | lenouvelliste.com

Après avoir multiplié des rencontres avec des membres de l’opposition pour le compte du président de la République, Gabriel Fortuné recommande à Jovenel Moïse de renvoyer le Premier ministre Jean-Henry Céant afin de proposer son poste à l’opposition qui, a-t-il dit, veut un partage de responsabilités.

« Les deux têtes de l’exécutif sont à couteaux tirés. Le pays en fait les frais », a dénoncé Gabriel Fortuné, maire des Cayes et proche du président de la République. L'ancien sénateur accuse Jean-Henry Céant de comploter contre le président pour le renverser afin de prendre sa place. « Le Premier ministre est en train de comploter contre le président de la République. En vertu de l’article 149 de la Constitution, Jean-Henry Céant croit qu’il peut prendre le pouvoir », a accusé Gabriel Fortuné dans une interview accordée mercredi au Nouvelliste.

Il exhorte le chef de l’État à convoquer un Conseil des ministres au Palais national au cours duquel il fera savoir au Premier ministre qu’il n’a plus confiance en lui et qu’il le considère lui et le reste du gouvernement comme démissionnaires. « Le président Jovenel Moïse n’a pas à demander à son Premier ministre s’il veut démissionner. Il  ne peut plus collaborer avec lui, mais comme pour sauvegarder la dignité du Premier ministre et des membres du gouvernement, le président ne peut dire qu’il les a limogés, il dira que le gouvernement est démissionnaire », a expliqué Gabriel Fortuné.

Pour l’ancien sénateur, Jovenel Moïse n’a pas besoin du Parlement pour renvoyer le Premier ministre et le gouvernement.  « Le Premier ministre est un fusible. Si ça ne va pas au pays, ce n’est pas le chef de l’Etat qui doit partir, mais le chef du gouvernement », a lancé le maire des Cayes.

« Le gouvernement de Céant sera démissionnaire, liquidera les affaires courantes et à partir de cet instant peuvent commencer des discussions sérieuses entre le président et l’opposition », prévoit Gabriel Fortuné.

La crise de confiance ravage les cœurs et les esprits en Haïti, a dit constater l’ancien sénateur. La création du Comité de facilitation du dialogue interhaïtien est une initiative qui mérite d’être renforcée, mais la situation est plus complexe, a affirmé le maire des Cayes.

Il estime que le président de la République devait faire appel aux Nations unies pour favoriser le dialogue dans le pays. L’ONU, ajoute-t-il, jouera le rôle de médiateur, « un médiateur qui peut contraindre l’opposition à dialoguer », a-t-il laissé entendre.

Mais avant, a-t-il ajouté, le chef de l’État doit envoyer des signaux clairs. Selon lui, plus que des palabres, l’opposition veut un partage de responsabilités qui passe par la formation d’un autre gouvernement pouvant faire face à la demande de la population. « C’est ce que veut l’opposition plurielle », a avancé Gabriel Fortuné. C’est pourquoi il dit exhorter le chef de l’État de renvoyer l’actuel gouvernement, soulignant que c’est le nouveau gouvernement qui entamera la conférence nationale.



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