Juste pour rire

Publié le 2019-02-21 | lenouvelliste.com

Le président et le Premier ministre jouent à « je te tiens… tu me tiens par la barbichette ». Choisira qui fait le Bouqui, qui fait le Malice. Mais jeu macabre ou conte folklorique, cela n’intéresse que les protagonistes. Qu’est-ce qu’une audience sans auditeurs ?

Une voix qui s’est trompée de siècle et confond Poutine et Staline dit que l’opposition est financée par la Russie.

Des mercenaires armés jusqu’aux dents. Arrivés de l’étranger. Citoyens étrangers. La justice promet qu’elle va sévir. On attend. Tiens, ils sont partis sans avoir vu un juge. L’ordre viendrait du ministre de la Justice. Le président n’est pas au courant. Le Premier ministre n’est pas au courant. Ils sont repartis comme si de rien n’était dans un avion commercial.  On dit qu’ils ont même acheté des produits « duty free »  à l’aéroport et fait des bises aux contrôleurs. Voilà une bonne tactique pour relancer le tourisme. Des mercenaires de partout, contents de venir au service de l’économie haïtienne, auraient décidé de choisir Haïti comme terre d’escale entre deux missions. Reste à savoir si le ministre du Tourisme appuie la démarche de son collègue pour redynamiser le secteur.

L’opposition est plus riche que le gouvernement haïtien, la partie la plus conservatrice de la bourgeoisie haïtienne, les institutions internationales et les ambassades qui financent le gouvernement haïtien, elle a payé des dizaines de milliers de citoyens pour qu’ils manifestent.

L’Occident Chrétien Blanc Capitaliste avait applaudi les printemps arabes.  Comment aurait-il réagi si Jovenel Moïse était arabe ou musulman ? Ceux qui veulent le voir partir devraient répandre cette rumeur.

Les prix vont baisser, annonce le Premier ministre. Avec toutes les considérations qu’on lui doit, s’il est en harmonie avec le président en matière de promesses, on peut craindre le pire. Depuis que le président nous a promis l’électricité  tous les jours et à toutes les heures, ce n’est pas une figure de style de dire qu’on ne voit presque plus la lumière.

La TNH est plus que jamais un média d’État, on y passe des documentaires vieux d’un demi-siècle, les beaux carnavals de l’époque de Jean-Claude Duvalier, façon sans doute de donner la parole à l’ensemble de la société et de discuter des problèmes de l’heure.

Sur les réseaux sociaux, des ingénus qui ont passé la soixantaine ont attendu la situation institutionnelle provoquée par deux siècles de violence symbolique et de violences de toute sorte subies par la majorité pour découvrir que la violence ça fait mal. Aïe, la violence, ça fait mal quand c’est moi qui la subis…

La preuve que la démocratie fonctionne comme à l’ordinaire, ce sont ces cortèges interminables qui continuent de bousculer tout sur leur passage et font la preuve de la volonté de dialoguer, d’apaiser.

Plus sérieusement, ceux qui défendent encore le pouvoir peuvent-ils dire qu’ils défendent un « gouvernement » ?



Réagir à cet article