Evasion

78 prisonniers se sont évadés, ce mardi, de la prison civile d’Aquin

Publié le 2019-02-12 | lenouvelliste.com

La totalité des prisonniers de la prison civile d’Aquin, dans le Sud du pays, se sont évadés le mardi 12 février 2019. Selon les premiers éléments d’information communiqués au Nouvelliste par l’inspecteur en chef de la Police nationale, Ralph Stanley Brice, les 78 prisonniers ont profité des circonstances liées à une manifestation à Aquin pour s’échapper.

Les 78 prisonniers se trouvaient hors de leurs cellules pour prendre leur douche. Après leur bain, ils ont refusé de regagner leurs cellules, a expliqué le numéro 2 de la Police nationale joint au téléphone par le journal ce mardi aux environs de 2 heures p.m., heure d’Haïti. Ralph Stanley Brice, qui a rapporté au Nouvelliste les informations qui lui ont été communiquées par la police locale, a indiqué qu’il y avait aussi au même moment une manifestation devant les locaux du commissariat et de la prison civile d’Aquin qui se trouvent au même endroit.

Les manifestants ont exercé des pressions sur le commissariat et les prisonniers en ont profité pour s’échapper.

Les barricades qui obstruent la route conduisant à Aquin ont empêché l’arrivée à temps dans la zone  des renforts en provenance des Cayes, a souligné l’officier de police.

L’inspecteur en chef de la Police nationale a annoncé l’ouverture d’une enquête pour déterminer les circonstances de cette évasion et fixer les responsabilités.

Le député d’Aquin, très remonté contre la direction générale de la PNH qui, selon lui, refuse depuis longtemps d’augmenter l’effectif policier à Aquin, a fait savoir au Nouvelliste qu’il n’y a que neuf policiers administratifs, et cinq agents de l'UDMO basés dans la ville des Cayes.

Jean-Robert Bossé, qui rapportait les informations du commissaire de police d’Aquin, a confirmé effectivement que les prisonniers ont profité d’une manifestation dans la zone pour s’échapper. « Après leur bain, ils ont refusé de regagner leurs cellules et c’est à ce moment que les manifestants ont commencé à lancer des pierres …Les prisonniers ont profité de la situation pour prendre la fuite… », a rapporté le parlementaire.

Cette évasion spectaculaire est arrivée à un moment où toutes les activités sont paralysées au pays depuis six jours à la suite d’un appel à l'opération ‘’pays lock’’ lancée par l’opposition politique. Les principaux axes routiers du pays sont bloqués, le transport en commun, les écoles, le commerce, l’administration publique…, rien ne fonctionne depuis le 7 février. Les protestataires exigent le départ de l’équipe au pouvoir.  Le président Jovenel Moïse et le Premier ministre Jean-Henry Céant ne pipent mot.



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