13e édition | PAPJAZZ

Les paraphrases musicales de SMS Kreyòl au Festival international de jazz de Port-au-Prince

Publié le 2019-01-22 | lenouvelliste.com

SMS Kreyòl a fait un bonheur, lundi soir, à la 13e édition du Festival international de jazz de Port-au-Prince sur la scène Barbancourt de l’Université Quisqueya. Le quintette – composé de Steve Cinéus à la basse, Nathanael Cinéus au keyboard, Édelin Olivier à la batterie, Ricardo Lafond au saxophone et Harold Pierre à la percussion – a invité le trompettiste Maxime Lafaille à colorer les morceaux emblématiques de son répertoire, lesquels sont puisés dans nos chansons traditionnelles les plus populaires.

On n’a pas besoin d’être un amateur de jazz pour apprécier les ornementations et les paraphrases de ces musiciens qui convertissent « Ti sourit » en ballade de jazz. On reconnaîtra « Kouzen pa pran kouzin O » sur un fond de John Coltrane. De même « Impression » de ce jazzman américain est métamorphosée en rara jazz dans la pure sensibilité de nos sambas.

Le rythme divertissant de l’ensemble nous fait voyager sur un air de nago, une once de petro et un zeste de caribbean jazz pour se fondre dans le concept tant vanté par les frères Widmaier : le « kreyòl jazz ».

Les musiciens de SMS Kreyòl ont joué avec du cœur. Ils sont à leur 3e participation à ce grand festival de janvier qui renouvelle l’année en beauté. En 2015, SMS s’était révélé à PaPJazz comme un ensemble d’avenir. Les musiciens n’ont pas démenti cette promesse. Il fallait voir jouer  Nathanael Cinéus au keyboard. On sent le souffle des belles harmonies qui rappellent Mushi Widmaier, Réginald Policard, Mario Canonge, Chick Corea, Herbie Hancock ou Keith Jarrett. Sous ses doigts se sont réveillés les standards de jazz.

Le public de l’UniQ, plus nombreux cette année, s’est laissé bercer dans ce courant de jazz qui propulse tant de talents en Haïti, surtout depuis que ce grand festival s’est imposé dans notre dispositif culturel.

Aux percussions, Marc-Harold Pierre, ce fils de la Vallée de l’Artibonite, menait large au tam-tam qui liait avec aisance sur des trames musicales populaires des couleurs latines (meringue et salsa) accordées aux tons de notre folklore (congo, rara, nago et double nago très prisé aux Gonaïves). Il a secondé et émulé amicalement le batteur Édelin Olivier.

À la poursuite de cette expérimentation ouverte sur divers styles de musique, SMS  – sorti tout droit de l’univers du professeur Claude Carré – fait son chemin en jazzant nos rythmes traditionnels. Ce concept attire les mélomanes. En 2017, le groupe s’était produit au Kazakhstan, à Moscou et à Cuba. Il n’est que d’attendre l’album du groupe pour graver les morceaux de kreyòl jazz.



Réagir à cet article