33 mineurs libérés, le parquet décrète la permanence contre la détention préventive prolongée

Publié le 2019-01-15 | lenouvelliste.com

Le commissaire du gouvernement près le tribunal de première instance de Port-au-Prince, Paul Éronce Vilard, conjointement avec des représentants des organisations de défense des droits humains, a donné le lundi 14 janvier une conférence de presse au Centre de rééducation des mineurs en conflit avec la loi de Delmas 33 (CERMICOL). C'était l’occasion pour le chef de la poursuite de procéder à la libération de 33 mineurs.

La libération de ces mineurs s’inscrit dans le cadre d’un programme d’accès à la justice et protection des mineurs en détention préventive CERMICOL et à la prison civile de Port-au-Prince. L’objectif premier du commissaire du gouvernement est de jouer toutes ses cartes pour lutter contre la détention préventive prolongée. Au CERMICOL, sur 108 mineurs incarcérés, seulement 7 sont condamnés, a déploré le chef de la poursuite qui a jugé cette situation inacceptable.

Tenant compte de la loi mère du pays et les instruments internationaux ratifiés par Haïti, Paul Éronce Villard avance que la justice des mineurs a besoin d’être protégée en tout état de cause. « Le parquet a décrété la permanence contre toutes les formes de détention préventive prolongée, particulièrement les mineurs qui sont vulnérables », a déclaré le commissaire Villard, qui encourage les parents à bien éduquer leurs enfants, car la famille est la meilleure cellule de protection pour les enfants.

Plusieurs institutions travaillant dans le domaine de la protection de l’enfant ont participé à la réalisation de ce programme qui suit son cours, a fait remarquer la responsable de l’Institut mobile d’éducation démocratique (IMED), Kettly Julien, qui a initié ce projet. Mme Julien, qui plaide en faveur d’une réinsertion sociale de ces jeunes afin que ces derniers soient des citoyens utiles à la société, dit noter que, « parmi les enfants libérés, 15 sont issus du CERMICOL, 7 de la prison civile de Croix-des-Bouquets, 2 de Carrefour, 9 de la prison civile de Port-au-Prince ».

Par ailleurs, le doyen du tribunal de première instance de Port-au-Prince, Me Bernard St-Vil, a mis l’accent sur la nécessité de donner aux enfants un autre traitement. « On va prendre des dispositions afin de permettre aux jeunes détenus de réintégrer leurs familles. Aussi, après leur sortie de prison, des bourses d’études seront à leur disposition afin de faciliter leur intégration dans la société », assure le doyen St-Vil.

 



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