L'OPC regrette la démission du président du Comité national de lutte contre la traite de personnes

Publié le 2018-12-19 | lenouvelliste.com

Après avoir passé trois ans à la tête du Comité national de lutte contre la traite de personnes (CNLTP), le président dudit comité, le Dr Fils Lien Ely Thélot, a rendu son tablier. La paralysie du comité par rapport au manque de moyens auquel il fait face est l’ultime raison de sa démission, d’après ce que Dr Thélot a mentionné dans une correspondance adressée au président de la République Jovenel Moïse le 10 décembre 2018.

Insatisfait du travail réalisé au sein du comité, le sociologue croit que le comité pourrait donner de meilleurs résultats si le comité disposait de moyens adéquats depuis sa création. « Nous avons travaillé sans disposer d’un bureau, de moyen de locomotion, de secrétariat pour combattre un crime transnational parmi les plus dangereux de la planète. Aucun budget ne nous a été octroyé », lit-on dans la lettre de M. Thélot, affirmant que le CNLTP dispose d’un plan d’action nationale de lutte contre la traite des personnes qui s’étend sur cinq ans qui n’a jamais été mis en œuvre.

Cependant, en dépit de ses périodes de vache maigre passées à la tête du comité, le Dr Fils Lien Ely Thélot se dit fier d’avoir contribué à la formation des avocats, des magistrats, des commissaires du gouvernement dans les 18 juridictions du pays et travaillé de concert avec la police nationale en vue de procéder à l’arrestation de plusieurs trafiquants et passeurs. Dans cette correspondance, M. Thélot a attiré l’attention du chef de l’État sur la nécessité de se pencher sur la problématique de la traite de personnes et du trafic illicite des migrants qui affectent les femmes et les enfants qui sont souvent forcés à la mendicité, poussés à la prostitution et vendus comme du bétail.

Le Dr Thélot, qui affirme rester toujours à la disposition de la République afin de continuer à lutter contre ce fléau qui ronge la société, demande au président de prendre la décision de renforcer le comité de lutte contre la traite de personnes.

À la suite de cette démission, l’Office de la protection du citoyen (OPC) exprime son indignation. L’OPC regrette que les instances étatiques ne comprennent pas la nécessité d’appuyer le travail du comité à un moment où ce phénomène prend des proportions très alarmantes notamment dans les zones frontalières. L’Office de la protection du citoyen rappelle que l’État a pour obligation de respecter et de mettre en œuvre les droits humains à travers l’adoption de mesures appropriées pouvant garantir le plein exercice de ces droits.



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