Où en sommes-nous avec les promesses-phares du président Jovenel Moïse ?

Publié le 2018-09-13 | Le Nouvelliste

Editorial -

L’une des premières annonces du chef de l’État, Jovenel Moïse, après sa prise de fonction, a été la délivrance du passeport en cinq jours. Des centres de livraison de documents ont été inaugurés en grande pompe à travers le pays. Comme dans nos habitudes, les mesures pour faire fonctionner ces centres n’ont pas été toujours prises. Certains ont déjà connu des grèves pour des raisons diverses, notamment non-paiement du personnel. A cela, il faut ajouter le retard comme d’habitude dans la commande des livrets qui pénalise les citoyens. La promesse de délivrance du passeport dans cinq jours est devenue un vœu pieux. Un article publié dans le journal cette semaine a décrit le désarroi des demandeurs de passeport. Certains ne savent même pas quand ils pourront l'avoir après des mois d’attente. Le problème est pire pour la carte d’identification nationale. Retirer ce précieux document à l’Office national d’identification (ONI) est un vrai chemin de croix. Certains ne se rappellent même pas depuis quand leur demande a été produite.

Pourquoi le Service de l’immigration ne peut-il pas tenir la promesse du président Jovenel Moïse de délivrer le passeport en cinq jours? Le président avait-il consulté des experts ou les responsables de l’institution avant de faire sa promesse ? Des mesures ont-elles été prises pour neutraliser les réseaux de racketteurs ? Nous ne sommes ni le seul ni le premier pays au monde à livrer des documents d’identité à ses citoyens. Nous ne sommes pas non plus le pays le plus peuplé au monde. Qu’est-ce qui nous empêche de suivre les recettes que d’autres pays ont suivies pour résoudre ce problème ?

Il n’y a pas que la promesse de passeport qui n’est pas tenue. Le président Jovenel Moïse avait aussi promis de garantir, une fois pour toutes, le bon fonctionnement du service de dialyse à l’Hôpital de l’Université d’État d’Haïti. Nous sommes encore loin de la tenue de cette promesse. Il y a assez souvent des informations dans la presse qui font état du dysfonctionnement de ce service. Le président Jovenel Moïse était peut-être de bonne foi quand il avait fait cette promesse. Il avait peut-être oublié ou n'avait pas compris qu’il fallait plus que les génératrices et les machines pour le faire fonctionner. Il faut aussi un personnel qualifié et motivé pour soigner les malades et manier les appareils. Est-il possible de résoudre les problèmes du service de dyalise sans améliorer le fonctionnement global de l’HUEH ?

Depuis cette promesse du chef de l’État, d’autres centres de dyalise ont été ouverts à travers le pays. A-t-on aussi pensé à former le personnel médical nécessaire pour la prise en charge des dyalisés ? Ces nouveaux centres disposent-ils de néphrologues pour la prise en charge des éventuelles complications ? Si la résolution de certains problèmes n’exige que de la volonté, d’autres exigent des moyens et un plan qui dépassent le court terme.

Il y a d’autres promesses du président Jovenel Moïse qui méritent du temps avant d’atterrir. C’est le cas du courant 24/24. Si certains veulent prendre le président au mot, d’autres mettent tout simplement en doute la concrétisation d’une telle promesse dans quelques mois. On ne voit ni les travaux d’infrastructures d’envergure ni les réformes institutionnelles qui devraient permettre d’y arriver.

Entre-temps, le président a fait d’autres promesses comme celles de réduire le train de vie de l’État. On se rappelle un arrêté qui avait été publié en ce sens. Quels en sont les effets ? Qu’en est-il des promesses de lutter contre la corruption ? Beaucoup de questions sans réponses.

Ses derniers articles

Réagir à cet article