Le président Moïse redouble la classe, il doit faire mieux

Publié le 2018-09-12 | Le Nouvelliste

Editorial -

La Chambre de Commerce et d’Industrie d’Haïti (CCIH) a publié une note de presse mercredi qui, comme celle qui avait suivi les événements de juillet dernier, sonne comme un réquisitoire implacable.

La Chambre de Commerce et d’Industrie d’Haïti (CCIH) dit « constater avec inquiétude que notre pays continue de faire face à d’immenses difficultés économiques, financières et sociales ainsi qu’à une incertitude politique pouvant déboucher sur un chaos généralisé ».

Si cette association, l’une des plus anciennes du secteur privé, est la première à lancer ce cri d’alarme, sa lecture rejoint celle de bon nombre de citoyens et de secteurs.

Les causes à la base du constat et de l’inquiétude de la CCIH sont alimentées par la surdité et l’aveuglement de nos responsables politiques, législatifs et judiciaires.

Rien n’a changé depuis les émeutes de juillet. L'État et le gouvernement tournent comme des machines installées sur une autre planète, dans une galaxie différente de celle où évoluent les Haïtiens.

L’insatisfaction grandissante, les scandales divers, le malaise économico-social, les petits pépins qui peuplent la vie de ceux qui vivent dans le pays, n’ont pas l’air de retenir l’attention de nos dirigeants.

Si le président de la République a cru urgent de recevoir en grande pompe la sélection nationale de football qui vient de battre Sint Maarten par 13-0 et met sur sa liste des priorités l’octroi de passeport diplomatique à chaque joueur, il ne dit rien sur la dégringolade de la gourde et la hausse des prix, n’annonce rien pour stopper le phénomène des routes nationales bloquées pour un oui ou pour un non, ne fait rien pour aborder les soucis administratifs des Haïtiens installés au Chili ou pourchassés en République dominicaine, etc, etc.

Nos chefs font comme si tout va bien. Le 5 juillet, il en était de même.

Dans sa note de presse, la Chambre de Commerce et d’Industrie d’Haïti (CCIH) insiste pour dire que « la Nation demande des comptes et (que) le temps est venu pour la rupture avec les pratiques de dilapidation, d’étalage, de prévarication, de népotisme et de clientélisme qui nous ont amenés à cette dangereuse croisée des chemins. »

Espérons que nos responsables renonceront au plus vite aux chemins de l’amateurisme, de la surestimation de soi et de l’entêtement stérile pour nous éviter le pire.

En cette rentrée scolaire, Jovenel Moïse est face à ses responsabilités. Le président de la République doit se rendre compte qu’il a raté l’année qui vient de s’écouler. Il n’a pas eu sa moyenne. Les résultats de l’examen après les émeutes sont catastrophiques. Il est en train de redoubler la classe. Il ne peut pas encore une fois rater l’essentiel.

Frantz Duval
Auteur
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