Vers la standardisation de la langue des signes

Le langage des sourds-muets connaît depuis peu un essor considérable dans notre pays. L’Institut Montfort des sourds-muets, dans le cadre de sa mission, veut en profiter pour apporter à cette frange de la société les outils nécessaires permettant de briser toutes les barrières et faciliter son épanouissement. Pour s’adapter à l’environnement, la langue des signes pour les sourds-muets se révèle impérieuse.

Publié le 2018-08-06 | lenouvelliste.com

Une équipe composée de 25 membres est déjà à pied d’œuvre pour réaliser ce projet qui a bénéficié du support du bureau du secrétaire d’État à l’intégration des personnes handicapées, de Christian Blind Mission. Au cours de multiples séances de travail, l’équipe a déjà répertorié plus de 1 000 mots devant être inscrits dans le dictionnaire de la langue des signes haïtiens accompagnés de leurs signes représentatifs. Ce manuel de documentation tiendra compte des systèmes de langue des signes américaine, française et notamment celui du créole.

Dans le souci de promouvoir la langue des signes et pallier les difficultés auxquelles fait face la communauté des sourds-muets, il est indispensable de standardiser la langue des signes, selon sœur Lamercie Estinfort, directrice de l’Institut Montfort des sourds-muets. « La langue des signes fait face à une série de contrastes qui, parfois, empêchent l’intercompréhension dans le dialogue », a indiqué sœur Lamercie Estinfort, soulignant que la variation des gestes des mains change d’une communauté à l’autre.

Pour mieux mener ce projet de standardisation de la langue des signes à bout, la responsable de l’Institut Montfort des sourds-muets compte solliciter dans les prochains jours la compétence de plusieurs autres instances telles que les Facultés de linguistique appliquée, d’ethnologie, de l'école normale supérieure et autres.

Selon la directrice de l’Institut Montfort, la standardisation de la langue des signes offre la possibilité d’unir tous les sourds-muets entre eux dans leur façon de faire. Elle présente également une opportunité à la population de découvrir l’univers des sourds-muets. La communauté des sourds-muets s’accroît de temps à autre. Pour ces trois ans à la tête de l’Institut Montfort, plus de 4 000 enfants de cette catégorie ont été formés via la langue des signes, a-t- elle fait savoir. Pour ceux qui n’ont pas eu la chance de fréquenter cet établissement, ils sont beaucoup plus nombreux, estime la soeur Estinfort.

Cette frange de la société qui a toujours vécu dans l’ombre mérite un autre regard, d’après sœur Lamercie Estinfort, préconisant la présence d’un interprète en langue des signes au sein des institutions afin de faciliter l’accès au service à cette catégorie sociale. Néanmoins, elle a félicité quelques établissements qui se sont donné la peine de former en langue des signes de futurs professionnels. Une initiative qui, d’après la religieuse, mérite d’être dupliquée dans les différentes sphères de la vie sociale pour la pleine intégration de la communauté des sourds-muets.

Par ailleurs, la directrice de l’Institut Montfort convie la société haïtienne à accompagner les sourds-muets, car ils ont aussi de la potentialité et peuvent travailler convenablement. Ils peuvent se mettre au travail, mis à part leur problème auditif.



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