Affrontements entre gangs rivaux à Martissant

Publié le 2018-07-02 | lenouvelliste.com

Les habitants de Martissant, quartier situé à l’entrée sud de la capitale, ont vécu l’horreur ce wee-kend. Des tirs nourris ont été entendus dans plusieurs endroits de ce secteur contrôlé par des gangs armés. À en croire des témoins, cette situation est due à des affrontements entre les gangs de Grand-Ravine, de Ti-Bwa, de Village de Dieu et de Baz Pilate. « Pas moins de 5 maisons ont été incendiées. On compte des blessés et des décès par balle », rapporte un témoin au journal.

Sur une vidéo amateur partagée en boucle sur la messagerie WhattsApp, on peut voir le corps ensanglanté et sans vie d’un jeune homme. Il s’agit, selon les commentaires qui accompagnent ces images, d’un membre du gang de Ti-Bwa dénommé Arios. « Il jouait au club 28. Il venait d’incendier ma maison quand on l’a descendu. Nous allons brûler son cadavre », a déclaré quelqu’un sur la vidéo pendant que d’autres se contentaient de frapper le corps, butin de guerre, à coups de machette.

Ces images, aussi surréalistes qu’elles puissent être, sont les rares éléments d’informations qui arrivent depuis cette zone enclavée. Contacté par le journal, le directeur départemental de la PNH de l’Ouest, Berson Soljour, n’était pas en mesure de fournir plus de détails sur ce qui se passe là-bas. « Nous sommes au courant de la situation. Nos agents de renseignements s’activent sur le terrain. Nous apporterons plus d’informations une fois que nous parvenons à tout collecter », a-t-il brièvement souligné au journal.

La peur au ventre, beaucoup de riverains ont fui la zone. C’est le cas de cette jeune dame qui s’est confié au journal en début de soirée. « J’ai peur pour ma vie et pour celle de mon enfant. Nous avons quitté la zone. Beaucoup de familles ont fait de même. Nous serons de retour seulement si le calme revient », a-t-elle expliqué. Selon elle, les tensions ont resurgi après la libération le 11 juin 2018 du présumé chef de gang connu sous le nom de Saint-Jean Romélien, alias Tèt kale. « Il veut reprendre sa suprématie. L’actuel chef, Bougòy, ne veut pas se laisser faire. Il y a des affrontements entre plusieurs gangs et cela a causé beaucoup de morts », a-t-elle fait savoir. Un calme apparent a régné lundi soir dans la zone. Cependant, soupire cette dame, rien ne garantit que demain sera meilleur.



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