Pendant que nous dansions, nos problèmes attendent leurs solutions

Publié le 2018-06-20 | Le Nouvelliste

Editorial -

Le dollar s’échange ce mercredi contre 68 gourdes 15 dans la principale banque du pays. Pour les montants ne dépassant pas 500 dollars. Pour tout autre montant, le taux de conversion flotte. C’est à la tête du client, selon le montant. Selon la formule consacrée : « Termes et Conditions applicables », « Dans la limite des stocks disponibles ».

Le 1er mars 2018, le jour de l’entrée en vigueur de la dédollarisation, il a fallu 65 gourdes pour un dollar. Le 20 juin 2018, il faut 68 gourdes 15 pour un dollar. Chaque Haïtien qui doit se colleter au risque de change ou payer simplement plus cher les marchandises qu'il se procure, comprend sans explication économique que la vie chère s’installe.

Une délégation du Fonds monétaire international (FMI) a quitté le pays la fin de la semaine écoulée. La mission de routine du FMI a procédé avec les autorités haïtiennes à l’examen du dernier accord signé avec l’administration Moïse/ Lafontant et sur sa mise en œuvre, a appris Le Nouvelliste. Le FMI prend acte des retards mis dans l’entrée en application de l’ajustement des prix des produits pétroliers, se réjouit de la réduction du déficit dans le secteur énergétique et encourage le gouvernement à faire plus et mieux pour rencontrer ses objectifs.

Dans les prochains jours, le gouvernement aura à ajuster les prix des produits pétroliers et à réviser certains tarifs douaniers. Les deux mesures concourent à protéger la gourde et des emplois en Haïti. Il y a des produits que nous ne produisons pas comme les dérivés du pétrole qu’il faudra payer au prix le plus juste et d’autres biens que nous avons ou transformons qu’il convient de protéger des dumpings venus d’ailleurs. Comme il s’agit de prix et de pouvoir d’achat, le gouvernement devra bien expliquer le bien-fondé des mesures et les bénéficiaires doivent promettre que taxes et barrières tarifaires ne serviront pas simplement à protéger des monopoles. Vastes chantiers.

Un colloque sur la fiscalisation de l’énergie vient de mettre à nu nos envies de lumière et de développement durable. Haïti ne fait pas la promotion de l’efficacité énergétique, c’est-à-dire avoir le même service tout en utilisant moins d’énergie, a-t-on pu démonter.

Selon les lois en vigeur, il n’existe pas de défiscalisation de tous les produits qui consomment moins d’énergie ni la taxation de ceux consommant plus d’énergie. Le système fiscal national défiscalise l’importation de génératrices et fiscalise l’importation des panneaux solaires, par exemple.

En effet, un panneau solaire photovoltaïque de 100 watts d’une valeur de 50 dollars par exemple arrivant en Haïti subirait, sans la TCA, une imposition douanière de 23.4% même avec des droits de douane abaissés à zéro. En ajoutant la TCA, l’imposition passerait à 34%. « Où est la promotion de l’énergie verte ? », s’est scandalisé un responsable de l’ObservEH, faisant remarquer qu’un groupe électrogène de 12 kva subirait moins d’imposition.

Quand on veut bien faire, la mise en œuvre demeure un très vaste chantier qui ne laisse pas de temps pour les distractions… si on veut vraiment bien faire.

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