Banque mondiale/ Rapport sur les villes haïtiennes

Un fort pourcentage des citadins n’ont pas accès à l’eau potable et aux installations d’assainissement

Dans les villes haïtiennes, de jour en jour, l’accès à l’eau potable devient de plus en plus difficile. Et la collecte des déchets reste un défi de taille. Un rapport de la Banque mondiale met à nu les déficits des villes haïtiennes dans le domaine d’accès à l’eau potable et aux installations d’assainissement.

Publié le 2018-02-20 | lenouvelliste.com

Environ 35% des citadins dans le pays n’avaient pas accès à l’eau potable en 2015, révèle le rapport de la Banque mondiale sur les villes haïtiennes. Le nombre de familles ayant une arrivée d’eau à l’intérieur de leurs maisons a baissé considérablement entre 2000 et 2012, passant de 24% à 3%. Pendant la même période, le nombre de familles jouissant de l’accès à une borne-fontaine publique a également diminué. Il est passé de 65% à 21%.

Dans les petites villes et les petites agglomérations, le problème est beaucoup plus grave. « La proportion des familles dont le logement est raccordé à l’eau courante a baissé pour passer de 20% à 2% pour la même période », souligne le rapport, précisant que les taux d’accès à l’eau potable se différencient entre les zones urbaines et même à l’intérieur d’une même ville.

« Globalement, seul 58 % de la population haïtienne avait accès à l’eau potable venant d’une source de qualité en 2015 », soutient le rapport, indiquant que dans les petites villes, l’accès est beaucoup plus bas, autour de moins 55%. Ce chiffre place Haïti 25 % plus bas que l’avant-dernier pays de la région Amérique latine et Caraïbes (LAC), en l’occurrence la République dominicaine et parmi les 10 pires pays à bas revenus.

« Les défis sont encore plus exacerbés par les contraintes des ménages individuels pour s’assurer que leur eau est salubre. Dans les plus petites villes, 45 % des familles n’ont pas le matériel pour faire bouillir l’eau», révèle le rapport.

Par source d’eau améliorée, la Banque mondiale entend une source comprenant les raccordements à l’eau potable dans les logements, dans la cour ou chez le voisin, les points d’eau publics, les puits tubulaires ou les forages, les puits protégés, les sources protégées, les eaux de pluie, l’eau mise en bouteille ou vendue par une entreprise.

En ce qui a trait à l’assainissement, le rapport de la Banque mondiale a présenté une situation critique. « Les systèmes d’assainissement actuels sont inadaptés pour servir la population urbaine. Deux tiers (66 %) des citadins n’ont pas d’assainissement amélioré », souligne le rapport. « 48% des résidents de Port-au-Prince et 41% des ménages dans les agglomérations urbaines de taille moyenne utilisent des latrines à fosse avec une dalle », poursuit le rapport, se basant sur l’enquête DHS (Demographic and Health Surveys) 2012.

« Au moins 8% des citadins pratiquent la défécation en plein air (World Development Indicators 2015). Des recherches indiquent que ce chiffre pourrait même être plus élevé compte tenu du fait que les citadins qui comptent sur les toilettes publiques pourraient revenir à la défécation en plein air pour satisfaire leurs besoins la nuit », révèle le rapport.

« Les taux généraux d’accès aux installations d’assainissement améliorées en Haïti sont de 50 % plus bas que la moyenne dans la région LAC et de 5 % plus bas que la moyenne dans les pays à bas revenus », selon le rapport.

Dans le rapport de la Banque mondiale, le terme installations, d’assainissement améliorées utilisé renvoie à des installations comprenant les toilettes non partagées avec chasse d’eau reliée à un réseau d’égouts, à des latrines à fosse et à des fosses septiques, à des latrines à fosse améliorée par une ventilation ou une dalle et à des latrines à compost.



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