Classe politique/Décès

Turneb Delpé est mort

Le président de la République, le Sénat, la classe politique et la société civile saluent le départ du Dr Turneb Delpé, ancien sénateur de la République et responsable de parti politique très connu. Le promoteur du projet « Conférence nationale » s’est éteint samedi à l’âge de 66 ans, dans un hôpital à New York après avoir courageusement lutté contre un cancer d’estomac.

Publié le 2017-05-29 | lenouvelliste.com

Turneb Delpé en « Conférence nationale » dans l’au-delà… « Son humanisme et sa conviction m’ont beaucoup marqué. C’est lui qui m’a appris à partager… », les premiers mots qui montent à la tête de Jean Carrel Delpé à propos de son grand frère disparu. « Il était un homme de principe et de parole. Il faisait tout ce qu’il disait », se souvient Jean Carrel, qui parlait avec fierté au Nouvelliste de son frère et leader du Parti nationaliste démocratique progressiste haïtien (PNDPH). C’est toute la société haïtienne qui salue le départ de Turneb Delpé. Le président de la République a exprimé dans un communiqué sa profonde tristesse à l’annonce de la mort de l’ex-sénateur dont l’action a marqué la vie politique haïtienne pendant plusieurs décennies. Pour Jovenel Moïse, Turneb Delpé était un militant qui a œuvré sans relâche pour la démocratie, les droits humains et les libertés individuelles. « On ne dira jamais assez les efforts inlassables qu’il a déployés, non sans amertume et désenchantement, tout au long de sa vie, pour faire la promotion du dialogue national », a rappelé le leader du PHTK. « Aujourd’hui, la société et en particulier la classe politique haïtienne pleurent la perte d’un grand chef de parti, un homme de conviction, un patriote qui offre pour l'avenir des leçons de courage, d’intégrité et d’abnégation », a salué Jovenel Moïse avant de présenter ses condoléances les plus sincères à sa famille, à ses proches et à ses alliés politiques. Pour sa part, le chef du gouvernement, qui se fait de plus en plus discret, dit avoir appris avec consternation le décès « du grand leader politique et ancien sénateur de la République, le Dr Turneb Delpé, fondateur du PNDPH. Homme de conviction, militant aguerri, tenace, passionné et rectiligne, Tuneb Delpé a consacré toute sa vie à l’instauration de la démocratie et de l’État de droit en Haïti. Il prônait pendant plus de trente ans le rêve d’une Conférence nationale, auquel il était resté attaché jusqu’à ses derniers jours », a louangé Jack Guy Lafontant. De son côté, le Sénat se prosterne avec un profond respect devant la dépouille et la mémoire de Turneb Delpé, « cet illustre citoyen haïtien qui a voué sa vie au combat pour l'instauration de la démocratie et dont le nom s'inscrit en lettres indélébiles dans les annales de la lutte contre l'autocratie et pour le respect des libertés publiques. Le bureau du Sénat invite tous les sénateurs, les parlementaires d'hier et d'aujourd'hui, les partis politiques, et les instances de la société civile à une pensée fervente et pieuse à l'endroit de ce chef de parti, le PNDPH, qui a porté avec courage, constance et cohérence, et avec une intrépidité exemplaire le dossier de la " CONFÉRENCE NATIONALE SOUVERAINE" jusqu'à ses derniers moments », lit-on dans un communiqué du grand Corps. « Pépé est tombé les armes à la main. De New York étant, affaibli et malade, il nous donnait son opinion sur tout ce qui bouge, et ses prises de position ne contredisaient jamais l’homme de conviction qu’il a toujours été. Monsieur Conférence nationale, atteint d’un cancer à l’estomac, est décédé. Il a quitté la scène mais le théâtre de la vie en société continue. Il avait compris que le vouloir-vivre-ensemble avait besoin d’un second souffle pour se raffermir. Comme le prophète Moïse dont parlent les Saintes Ecritures, il n’aura pas vu la terre promise. Mais, il a mis en terre l’arbre de la Conférence nationale qui finira par produire les fruits escomptés malgré les rigueurs de la météo politique », un extrait de l’hommage que lui a rendu Jean André Victor, le coordonnateur du MOPOD. Pour la secrétaire générale du RDNP, Mirlande Manigat, qui a milité avec Turneb Delpé au sein du MOPOD, ce dernier était quelqu’un de constant, de conviction et déterminé dans la lutte pour la conférence nationale. « Pour lui, c’était un premier pas pour se mettre ensemble afin de trouver des solutions aux problèmes du pays », a rappelé l’ancienne candidate à la présidence. Delpé, selon elle, inspirait beaucoup de respect. Il ne cherchait pas à satisfaire ses intérêts personnels ni à faire du vedettariat sur la question de la conférence nationale. Né le 24 novembre 1951, Turneb Delpé est l’aîné d’une famille de huit enfants. Marié a Marie Marthe St-Cyr, l’un de ses enfants a été tué en janvier 2010 par le puissant séisme qui avait dévasté Port-au-Prince. Les funérailles de l’homme de la Conférence nationale seront chantées dans l’après-midi du samedi 3 juin en l’église Sacré-Cœur de Turgeau. La dépouille de Turneb Delpé sera exposée dans la matinée à Pax Villa, selon ce qu’a fait savoir au Nouvelliste Jean Carrel Delpé joint par téléphone lundi. Une soirée politique et une veillée patriotique seront organisées respectivement le 1er et le 2 juin 2017 afin de rendre un hommage bien mérité à Turneb Delpé, a annoncé le MOPOD.


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