Le président Jovenel Moïse est-il en danger?

Publié le 2017-05-05 | lenouvelliste.com

Le président Jovenel Moïse aura trois mois au pouvoir le 7 mai 2017. Cette période, loin de s’écouler comme un fleuve tranquille, suscite des interrogations légitimes sur la sécurité du chef de l’État. Au moins trois incidents en rapport à sa sécurité inquiètent. Le plus récent est en apparence anodin pour les néophytes. Levinston Odni, 36 ans, agent 2 affecté à l’USGPN, « l’un des chauffeurs du président », a été, selon le porte-parole adjoint de la PNH, Gary Desrosiers, été retrouvé mort chez lui au petit matin, ce jeudi 4 mai 2017. Sur le cadavre, il y a un impact de projectile dans la cage thoracique, non loin de son cœur, a expliqué Gary Desrosiers. L’arme de service de Levinston Odni, un pistolet Taurus 9 mm, a été retrouvée à ses côtés. La thèse du suicide, évoquée par plus d’un, n’est ni maintenue ni écartée. « On fait croire que c’est un suicide. On attend les résultats de l’enquête pour le déterminer », soutient le porte-parole adjoint de la PNH. Le Palais, dans une note de sympathie, a révélé que Levinston Odni était en congé-maladie. Par rapport au secret médical, seule la famille proche et le médecin traitant savent de quoi souffrait cet agent de l’unité de sécurité présidentielle, une pathologie physique ou psychologique. Si, à l’avenir, la thèse du suicide se confirme, la justice pourra déterminer, avec l’histoire médicale de l’intéressé à l’appui, pourquoi il a commis l’irréparable. Pour l’instant, il ne serait pas inutile de mettre sur le tapis la question de l’encadrement psychologique des policiers, exposés à un stress important. Le non-prise en charge adéquate d’éventuels policiers en détresse psychologique qui protègent le public et les hauts dignitaires de la République peut être une source d’insécurité. Pour eux et pour ceux qu’ils protègent. Le deuxième incident en rapport à la sécurité du président concerne la présence, au palais, de Danias Pierre-Louis qui a eu en sa possession un fusil d’assaut avec une balle au canon, selon le porte-parole de la PNH. Le jeune homme a été dans un premier temps présenté comme un déséquilibré mental. Il est sous contrôle de la justice et six policiers de l’USGPN sont en isolement sur ordre de l’inspection générale de la PNH. Pour le moment, le public ne sait pas comment Danias Pierre-Louis a pu s’introduire au palais. Absent dans la nuit au moment des faits, le président n’était pas en danger, avait expliqué le Palais dans un communiqué. Sans s’arrêter sur son pourquoi, cette intrusion souligne, si l’on peut effectivement parler d’intrusion et pas autre chose, l’évidence de la défaillance de la sécurité présidentielle. Cet incident est intervenu après celui enregistré sur la route nationale # 1m le troisième incident. L’advance du président n’avait pas pu empêcher le cortège de buter au moins sur un obstacle. S’il est difficile d’affirmer que le président Jovenel Moïse est en danger, ces trois incidents mettent en lumière d’inquiétantes défaillances qu’il faudra prendre en compte à l’avenir…


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