Dieudonne Luma Étienne, seule femme au Sénat de la République

Unique femme élue sénatrice de la République au cours des dernières sénatoriales de 2015 et 2016, Dieudonne Luma Etienne a prêté serment le 10 janvier 2017. Très connue pour son travail dans le secteur touristique au niveau du département du Nord, c'est une militante sur pied de guerre, motivée, déterminée, emballée à l’idée d’apporter un changement qui siège au Sénat. Déjà, elle a été élue comme première secrétaire du nouveau bureau du Sénat de la République.

Publié le 2017-01-27 | Le Nouvelliste

National -

Tailleur noir, maquillage léger, c’est une femme pleine de vie et sûre d’elle que je rencontre à l’hôtel Kinam à Pétion-Ville quelques jours après sa prestation de serment. Elle l’assume. « J’adore travailler. J’aime la vie» dit-elle tout sourire. Avec l’orgueil et la fierté que l’on retrouve souvent chez les gens du Nord, elle étale volontiers son parcours marqué par son sens des affaires et des initiatives. « Je n’ai jamais eu besoin qu’on me fasse de cadeau », avoue celle qui est née à Ste-Suzanne, comme sa mère, tandis que son père, lui, est originaire de Caracol. Bien avant ses deux ans, la benjamine de la famille Luma est envoyée au Cap-Haïtien où elle grandit sous l’œil vigilant de sa sœur aînée qui est aussi sa marraine. Elle fréquente l’école préscolaire de Man Max à la rue 2K, effectue son cursus primaire chez les sœurs de la Congrégation des Filles de Marie, communément appelée Mère Beige. Au secondaire, elle est admise chez les sœurs de St-Joseph de Cluny, mais elle termine sa scolarité au Nouveau Collège du Nord. Dès son jeune âge, on peut déceler chez elle de l’entregent et des aptitudes de leader. Très active, cette ancienne enfant de chœur, convertie au protestantisme, s’implique dans de multiples initiatives à la paroisse du Sacré-Cœur du Cap-Haïtien aussi bien qu’à l’école. Ancienne capitaine de l’équipe de volley-ball des sœurs de St-Joseph, Dieudonne se donne autant de mal pour obtenir sa moyenne que pour participer aux activités parascolaires où elle représente son école. « M te toujou nan tout mouvman ki regwoupe jèn. Depi gen yon aktivite, Dieudonne la » dit-elle chaleureusement. Débrouillarde, dynamique, cette femme a traîné sa bosse un peu partout. Sitôt ses études classiques bouclées, elle s’inscrit en sciences administratives à l’Université Notre-Dame du Cap-Haïtien, d’où elle sort avec un diplôme. Elle entreprend aussi des études en sciences juridiques, en communication sociale, informatique, ainsi qu’en ticketing et tourisme à l’Université Roi Henry Christophe. Grâce à une bourse de l’ambassade de France, en 2012 elle suit une formation en financement et économie de la culture à Paris-Dauphine. Mais c’est surtout au tourisme et à l’entrepreneuriat qu’elle se consacrera. En effet, après avoir appris le ticketing, Dieudonne débute comme simple employée à l’agence de voyage « Voyages Plus » pendant l’embargo. Quelques années plus tard, on la retrouve comme copropriétaire de l’agence. «J’ai toujours aimé servir les gens. J’ai un sens inné de l’entrepreneuriat », confie celle qui se dit inspirée par sa mère, madan sara qui s’est occupée, entre autres, de vendre les produits cultivés par son père. L’entrepreneure devient membre de la Chambre de commerce du Nord, puis se hisse au conseil d’administration de la Chambre de commerce du Nord. Elle sert en tant que directrice-exécutive de la branche Nord de l’Association touristique d’Haïti (ATH), puis vice-présidente de cette branche régionale. En 2010, Dieudonne a l’opportunité d’être nommée directrice départementale du ministère du Commerce et de l’Industrie et trois ans plus tard, elle est transférée au ministère du Tourisme comme Directrice Régionale du Tourisme dans le Nord d’Haïti où elle s’est occupée de l’évaluation, la planification, et l’organisation des produits touristiques de la zone Nord du pays. Les débuts en politique « J’ai toujours fait de la politique, mais je n’ai jamais été membre d’aucun parti. C’était un choix, même si j’étais impliquée dans des activités sociales», assure celle qui a néanmoins accepté de se porter candidate au poste de sénateur de la République pour le département du Nord sous la bannière du PHTK. «Plusieurs organisations de base de plusieurs communes avec lesquelles j’ai travaillé m’ont conseillé de le faire », explique la femme d'affaires, professeure et consultante. Dès qu’elle accepte l’idée de se porter candidate, elle consulte sa famille. Cette dernière est d’abord réticente. « On ne voyait pas pourquoi je voulais me mêler à la politique, ce milieu mangeur d’hommes et de femmes, alors que j'avais devant moi une belle carrière», raconte-t-elle. Mais déjà, elle est grisée par la victoire et ne compte pas baisser les bras. Elle a conscience que la bataille sera ardue mais se lance quand même, secondée par une équipe dans laquelle elle a confiance. « D’abord, pour trouver la bannière du parti politique, il faut se battre. Gen gason andan pati a ki estime se yon syèj yo pral pèdi le se on fi ki kandida. Fòk ou gen kran, fòk ou ka goumen ». Mais la fonceuse trouve là un défi, se lançant à corps et à cri dans la campagne électorale. Sa détermination et sa ténacité auront payé. Aujourd'hui elle est la seule femme ayant réussi à se faire élire au Sénat de la République pour ces dernières élections. Evidemment elle en tire beaucoup de fierté mais se dit que le dur labeur ne fait que commencer. « Pa kite moun trase desten w. Pran bic ou desine pòtrè w », dira-t-elle pour résumer la recette qu’elle a appliquée. Passionnée de son travail, cette femme qui préfère le poisson gros sel et le rose, aime bien danser quand elle peut le faire. Fan d’Oprah, cette mère de famille, née le 26 octobre 1972, croit qu’il faut fermement un complot positif pour qu’il y ait plus de femmes dans la politique et dans les postes décisionnels.

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