GRAHN, « Un think tank de réflexion et surtout d’action »

Le Groupe de réflexion et d’action pour une Haïti nouvelle (GRAHN), fondé au Canada et présent dans plusieurs villes haïtiennes, est composé d’intellectuels haïtiens d’ici et de la diaspora. Il s’agit d’un groupe de réflexions, de propositions et d’actions. Son principal initiateur, le Dr Samuel Pierre, était l’invité de Panel Magik ce lundi.

Publié le 2017-01-26 | lenouvelliste.com

Le professeur Samuel Pierre considère le Groupe de réflexion et d’action pour une Haïti nouvelle (GRAHN) comme le premier think tank haïtien. Ce groupe, fondé le 20 janvier 2010, soit 8 jours après 2010, s'établit au Canada. Cependant, il étend ses tentacules aussi en Haïti, qu'en France, aux Etats-Unis et en Suisse. « On travaille pour une Haïti nouvelle. On fait des analyses, des réflexions, des propositions, mais aussi et surtout des actions. C’est un think tank avec un volet particulier d’action. La réflexion à elle seule ne saurait suffire à Haïti. Il faut des exemples concrets d’action», a résumé le professeur, qui souligne que l’équipe a déjà, dans un processus participatif, produit un ouvrage collectif en novembre 2010. L’ouvrage est intitulé: « Construction d’une Haïti nouvelle, vision et contribution du Grahn.» C’est un livre de 617 pages qui contient des recommandations, 175 propositions pour une reconstruction sociale, économique, éducative, etc. du pays après le séisme», a-t-il fait savoir. Il se félicite dans la foulée de l’omniprésence des idées que comporte l’ouvrage dans les réflexions politiques. « La majorité des politiciens détiennent un exemplaire. La majorité des meilleures décisions prises au cours de ces 6 dernières années se sont inspirées des idées contenues dans l’ouvrage », s’est-il enorgueilli. Après avoir souligné les subtilités des travaux du Grahn, Samuel Pierre se félicite que certains concepts s’introduisent déjà dans le discours public. À titre d’exemple, il cite les concepts de pays émergent 2030, de projets structurants. « Pays émergent 2030 renvoie à une projection d’Haïti sur la voie du développement à l’horizon de 2030. Les projets structurants peuvent s’adresser à tous les défis, en incluant les interrelations existant entre eux », a-t-il expliqué. Samuel Pierre indique que l’une des plus grandes propositions formulées par son groupe concerne la création d’emplois. « À chaque campagne électorale, cette question occupe une place marginale dans les débats. Pourtant, ailleurs, c’est la préoccupation de tous les gouvernements. Après le tremblement de terre, nous avons proposé de prendre des mesures dynamiques pour créer plus d’emplois dans le pays », a-t-il fait savoir, soulignant que le secteur de la construction avait beaucoup d’opportunités d’emplois durant la période post-séisme. À ce titre, Samuel Pierre estime que les dirigeants auraient dû imposer à toutes les firmes internationales un pourcentage de contenu haïtien. « Le contenu concerne l’utilisation des matières premières du pays, les ressources humaines du pays, etc. » a-t-il détaillé avec une précision chirurgicale. GRANH, selon Samuel Pierre, est un cadeau offert au pays. « C’est un rassemblement d’Haïtiens vivant en Haïti et à l’extérieur qui se mettent à la disposition du pays comme une force de réflexion et d’action. On ne fait pas de contrat. On fait des actions bénévoles », a-t-il expliqué, déplorant que les gouvernements haïtiens n’utilisent pas assez les expertises du groupe. GRAHN a créé l’Institut des sciences, des technologies, des études avancées d’Haïti. « Cette institution basée dans plusieurs villes du pays, notamment Port-au-Prince, Cayes, Jacmel et Cap-Haïtien, offre une formation avancée pour des études en maîtrise et en doctorat », a-t-il fait savoir. Le professeur explique avoir fondé cet institut dans le souci de doter le pays de cadres formés en Haïti. « Au niveau du GRAHN, on a choisi de faire la promotion d’une éducation proche de la réalité sociale et géographique », dit-il.


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