MENJS/Réforme Bernard/Conférence-débat

Le bilinguisme dans l'enseignement en Haïti

Dans le cadre des activités devant marquer le 35e anniversaire de L'Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) dont Haïti est membre à part entière, le MENJS a aménagé un espace de réflexion à l'hôtel Le Plaza le mercredi 16 mars 2005. Les expériences du bilinguisme créole-français menées ces dernières années au regard de la réforme Bernard ont été au centre des discussions. Et ce, en perspective d'un aménagement linguistique dans le curriculum de l'école haïtienne.

Publié le 2005-03-18 | Le Nouvelliste

«Depuis mon arrivée au ministère de l'Education nationale, de la Jeunesse et des Sports (MENJS), mon équipe technique et moi travaillons en synergie avec les partenaires de l'éducation pour voir dans quelle mesure on peut arriver à un bilinguisme équilibré comme Bernard l'aurait souhaité: l'introduction du Créole comme langue outil et comme langue objet tout au long de l'école fondamentale de trois cycles avec le français à l'oral dès la première année et à l'écrit dès la troisième année». Par ces propos, le ministre de l'Education, Pierre Buteau, a introduit la conférence-débat sur le bilinguisme dans l'enseignement en Haïti. En présence de partenaires de l'éducation, de représentants d'organisations nationales et internationales et de l'ambassade de France, M. Buteau a placé dans son contexte cette initiative: favoriser un espace de réflexion et d'échange sur la problématique de l'enseignement bilingue en Haïti d'une part et d'autre part informer la communauté éducative sur les expériences du bilinguisme au regard de la réforme Bernard. S'interrogeant sur le bilan que l'on peut faire de cette réforme, le titulaire du MENJS se demande si les points de vue de Bernard sont toujours d'actualité. «Avec ce monde en pleine mutation, avec tous les aléas de la mondialisation, ne faudrait-il pas repenser à une réforme dans l'enseignement des langues tout court», a-t-il indiqué. Un débat passionnant Les professeurs Pierre Vernet (doyen de la Faculté de Linguistique à l'Université d'Etat d'Haïti), Claude C. Pierre (professeur de sémiotique à la FLA) et Pierre Michel Laguerre (linguiste-chercheur) ont formé le panel de réflexion. D'entrée de jeu, M. Vernet a déploré le fait qu'il n'y ait pas assez d'éclairage sur les éléments de la réforme Bernard permettant d'évaluer en quelque sorte les efforts qui se font aujourd'hui dans ce domaine. «Au moment de la réforme, a-t-il expliqué, il n'y avait pas de graphie officielle du créole. Pierre Vernet qui a évité de faire une critique du système éducatif haïtien s'est contenté d'analyser de manière évaluative les problèmes auxquels est confrontée l'école haïtienne, comme la non-valorisation du Créole dans l'enseignement. «Pourquoi est-on arrivé à la réforme Bernard? Pourquoi elle est la plus durée encore que sa démarche reste toujours officielle? Quels sont les soubassements de cette réforme »? s'interroge M. Vernet. «A partir de l'Indépendance, l'école haïtienne s'est adaptée aux scolarisés de l'école. On a pu assister à une adhésion parfaite entre le système éducatif et le public. L'école marchait bien à l'époque», a laissé entendre le professeur Vernet qui a expliqué que les réformes qui ont eu cours tenaient compte des aspirations du public et du projet social, économique et culturel dupays. Mais la démarche de la réforme Dartigue a comme renversé la vapeur. M. Vernet admet que la première réforme véritable du système éducatif haïtien est la réforme Bernard: elle est partie d'un constat: l'école doit avoir un projet qui vise à un même titre et à un même niveau tous les enfants du pays en vue du développement national. «La réforme Bernard visait à préparer un système éducatif permettant l'insertion de l'enfant haïtien dans son environnement socio-économique, à former des salariés responsables et capables de devenir des accélarateurs du développement socio-économique du pays», a-t-il lancé reprenant une pensée chère au professeur Joseph C. Bernard à qui il a bien voulu rendre un hommage mérité. Et pour cause. La problématique du bilinguisme en Haïti Pour sa part, le professeur Claude C. Pierre a tenté d'analyser le contenu de la réforme Bernard pour mieux placer dans son contexte la problématique du bilinguisme. «C'était une rupture, dans le sens qu'elle se proposait d'initier sous la dictature une nouvelle façon de voir l'éducation», a indiqué M. Pierre qui a bien voulu rappeler qu'à cette étape, l'école était fondée sur la mémoire, le bourrage de crâne et que ses fondements n'avaient aucun rapport avec la réalité qui demande qu'elle soit soutenue à la fois par un savoir-faire et le savoir-être. «Lier la connaissance au savoir-faire et à la langue maternelle de l'enfant, voilà ce qui constitue le continium de l'éducation», a fait savoir Claude C. Pierre qui a su faire ressortir le double aspect théorique et pratique de la réforme Bernard qui sert encore de cadre au Plan national d'éducation et de formation (PNEF). La thèse du professeur Pierre Michel Laguerre ne pouvait que compléter celles de Vernet et de Pierre. Elle se résume comme suit: promouvoir le créole dans l'enseignement haïtien afin de rompre la pesanteur sociale et économique. Et dire que cette initiative du MENJS était pleine d'intérêt à un moment où il faut poser avec acuité la problématique du bilinguisme dans l'enseignement en Haïti.
Robenson Bernard Auteur

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