Baccalauréat 2016, la débâcle qui doit nous interpeller

Publié le 2016-09-06 | lenouvelliste.com

La session extraordinaire du bac 2016 tient sa promesse. Les premiers résultats publiés par le Ministère de l’Education nationale et de la Formation professionnelle (MENFP) font état d’une débâcle à la session extraordinaire du baccalauréat unique instauré par l’ancien ministre Nesmy Manigat. Le département du Centre affiche un taux de réussite de 5%. Incroyable mais vrai. Rien de surprenant quand nous connaissons l’état de notre système éducatif. Les disparités qui existent d’une école à l’autre. Les spécialistes, même de simples citoyens, ont déjà expliqué, sans doute avec des mots justes, les causes de l’échec inhabituel en philo. Les 12 mesures de Nesmy Manigat sont indexées. La décision d’éliminer le bac I a laissé le champ libre à tous ceux qui le souhaitent d’atteindre la philo. L’ancien ministre, pour dire vrai, à travers ses mesures, n’a pas causé l’échec des candidats, il a plutôt déplacé le problème d’un niveau à un autre. Faute de solution, il avait choisi de masquer le problème, de tourner autour du pot. Ce que certains traduiraient par l’expression des coups d’épée dans l’eau. Dommage que ces coups d’épée ne soient pas sans conséquences. C’est l’avenir d’une jeunesse et des années de dur labeur de nombreux pères et mères de famille qui sont en jeu. Les résultats du baccalauréat de cette année mettent une nouvelle fois à nu l’école haïtienne. Ils devraient aussi mettre face à leurs responsabilités les autorités haïtiennes qui laissent le système éducatif comme une barque à la dérive. Quel contrôle exerce encore le MENFP sur les écoles de la République ? Qu’en est-il de la formation des enseignants ? Sachant la situation de la majorité des écoles publiques – lycées et écoles nationales – il est facile de répondre à cette question. Comme dans presque tous les domaines, l’Etat dans l’éducation est un canard boiteux. Le secteur privé profite de la faiblesse de l’Etat pour s’emparer du système éducatif qu’il contrôle à 80%. Les résultats sont là pour montrer que le laisser-aller n’est pas le meilleur choix en matière d’éducation. Chez nous, l’éducation est devenue tristement une marchandise échappant à tout contrôle étatique. Le principal rôle du MENFP se résume en l’organisation des examens officiels. Comme si les démêlés du ministère avec les syndicats d’enseignants n’avaient pas suffi, l’administration Martelly lui a laissé l’épineux dossier du PSUGO. Dommage que la rare fois qu’un ministre de l’Education nationale ait choisi de prendre des mesures, ce n’était pas pour le meilleur. Les résultats du bac de cette année le prouvent. On ne sait pas encore ce qu’on dira dans 2 à 3 ans des élèves qui vont subir les premiers examens officiels en 9e année fondamentale. Contrairement à Nesmy Manigat, Jean-Bauvois Dorsonne semble choisir de jouer la carte de la prudence en évitant de prendre des mesures qui pourraient déranger l’ordre des choses. Dans ces conditions, nous ne sortirons pas de l'auberge. Au grand dam des parents suant sang et eau pour financer l’éducation de leurs enfants.


Réagir à cet article