Résidence de l’ambassadeur de Suisse

Humeurs d’artistes pour saluer deux projets culturels

Publié le 2016-01-18 | lenouvelliste.com

Claude Bernard Sérant « Ce n’est pas un hasard si on s’intéresse au poète haïtien, Etzer Vilaire. Cela répond à une ligne de l’ambassade de la Suisse qui souhaite travailler sur la mémoire immatérielle », a déclaré l’ambassadeur de Suisse en Haïti, Jean-Luc Virchaux, à Humeurs d’artistes, une soirée culturelle organisée le vendredi 15 janvier dans sa résidence à Turgeau. L’événement a mis à l’honneur le premier projet de livre appuyé par l’ambassade de la Suisse : « La vie solitaire d’Etzer Vilaire pendant l’occupation américaine » publié par Legs Édition et l’album de Klébert Bastien « 100 an okipasyon blan ameriken pwenn fè pa ». Debout sur l’estrade dressée en plein air, l’ambassadeur a tenu à souligner que son pays dispose de fonds pour soutenir des projets culturels qui mettent en valeur la littérature, la musique, la peinture, le théâtre et autres. « Vous avez un terreau extraordinaire, un pays magnifique en matière de production artistique et littéraire, de danse, de cinéma. Il faut les mettre en valeur surtout pour vos jeunes qui ont besoin de référence », a-t-il indiqué tout en soulignant que cette première édition consacrée à Etzer Vilaire et toute une série d’artistes autour de ce poète met en mémoire que ce barde est le premier Haïtien à obtenir le grand prix Davaine de l’Académie française en 1912. L’ambassadeur a aussi salué l’Institut français en Haïti qui a sorti dernièrement la revue Conjonction, qui met en relief une tranche d’histoire de l’occupation américaine. Par ailleurs, il a invité sur la scène l’équipe qui décide des choix de soutien de la coopération au niveau culturel, à savoir Paula Clermont Péan, Philippe Dodard, Bélo, Marie Alice Théard et Yanick Lahens. Sentiment de gratitude envers la coopération suisse La ministre de la Culture, Johanne Dithny Rathon, a campé en quelques traits Vilaire, ce romancier, poète et essayiste, touche-à-tout de génie tel un colosse littéraire. « Etzer Vilaire fut pour la littérature haïtienne ce que Toussaint Louverture fut pour l’indépendance d’Haïti, le précurseur.» En signe de gratitude, elle a remercié « l’ambassade de Suisse qui a choisi de camper le personnage Etzer Vilaire, l’un des merveilleux trésors du patrimoine littéraire haïtien ». Dans la même veine, le ministre de l’Éducation nationale, Nesmy Manigat, a apprécié cette marque d’honneur de ce pays ami à l’endroit du secteur culturel haïtien. «Chaque fois qu’on a l’occasion de faire un retour aux valeurs du pays profond, c’est une bouffée d’oxygène dans un contexte pareil », a-t-il dit. Laissant parler son cœur, il a renchéri : « Grâce à la culture haïtienne, nous ne sommes pas un pays que l’on conjugue au passé. Grâce à la culture, on peut citer de grands noms. Des grands noms d’aujourd’hui et d’avenir. Et il n’y a pas beaucoup de secteurs qui nous permettent d’inscrire Haïti véritablement dans une vision d’avenir. » Le petit-fils d’Etzer Vilaire, Etzer Vilaire II, prenant la parole au nom de tous les Vilaire, a remercié « Legs Édition pour ce travail professionnel respectueux de l’éthique et fidèle à la compétence » avant d’ajouter : « La publication de 5 000 exemplaires de la vie solitaire d’Etzer Vilaire pendant l’occupation américaine chez Legs Édition permettra, nous le souhaitons, à un nombre important d’élèves de consulter ces pages combien essentielles de la littérature haïtienne. Les poèmes qui s'y lisent sont d’une grande sensibilité et d’une puissance à vous couper le souffle. » Il dit apprécier cette publication qui arrive à l’heure où les citoyens haïtiens luttent pour le respect de leurs droits de citoyen et de la dignité dans l’élégance des rapports humains. Autant de thèmes qui reviennent sous la plume de son illustre grand-père. À travers les yeux du directeur de publication de Legs Édition, Dieulermesson Petit-Frère, tout le monde était réuni à la résidence de l’ambassadeur de Suisse « pour célébrer le livre et la vie et faire en sorte que la mémoire perdure ». Petit-Frère se dit satisfait que la coopération suisse ait permis aux professeurs et écoliers d’avoir à leur disposition ce livre qui participe à l’enseignement de la littérature haïtienne. Pendant le reste de la soirée, le théâtre Nou et le Collectif Feu Vert ont fait le bonheur du public avant que l’un des heureux bénéficiaires, Klébert Bastien, n'investisse la scène avec sa musique. Klébert Bastien a renforcé son groupe, le temps d’une performance, de la présence de vedettes adulées par le public, parmi elles, Bélo et Rénette Désir. Bastien a partagé plusieurs morceaux de « 100 an lokipasyon blan ameriken pwenn fè pa », un album subventionné par la coopération suisse et distribué aux invités d’Humeur d’artistes.


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