Armée haïtienne

La gouvernance et la temporisation

Carte blanche à Jean-Claude Boyer

Publié le 2004-12-28 | Le Nouvelliste

Dans la gouvernance de la chose publique, comme en tout autre domaine, l\'attentisme n\'est pas toujours payant. A différer ou à repousser l\'évacuation d\'un problème, il finit par vous rebondir au visage jusqu\'à former un noeud gordien. Comment comprendre que les partis politiques qui avaient organisé la résistance dès après les fraudes électorales massives des 21 mai et 26 novembre 2000 aient été spectaculairement écartés dans la formation du gouvernement en mars 2004, les étudiants, qui avaient bravé la dictature en s\'exposant dans les rues, renvoyés à leurs études ou que les militaires dont l\'action dans la partie nord du pays a été déterminante pour faire partir le dictateur ont été priés d\'attendre pour être fixés sur le sort définitif de leur institution? Ne pouvait-on pas deviner qu\'on n\'allait pas pouvoir calmer leur légitime impatience pendant cette nouvelle trop longue transition de deux ans? L\'expérience a montré que ces périodes floues sont porteuses d\'incertitudes. En effet, on n\'est certain de rien. Les prochaines élections pouvant déboucher, sans être prophète de malheur, sur n\'importe quoi. Une nouvelle aventure? Avec cette incertitude, les militaires peuvent avec raison piaffer d\'impatience. Du train que cela va, l\'on se demande: à quand le prochain soubresaut? La nation pourra-t-elle rester impassible, garder sa sérénité quand chaque jour apporte son lot de surprises? Gouverner, c\'est décider. Prendre des décisions envue d\'évacuer des situations délicates. La question du rétablissement de l\'Armée se trouve déjà sur les tablettes du gouvernement qui sortira vainqueur des prochaines joutes électorales. Or, qui peut donner l\'assurance aux militaires qu\'en 2006, le problème de leur existence institutionnelle ne sera pas à nouveau différé? Si quelqu\'un est à même de leur fournir cette assurance, qu\'il lève le doigt ! En attendant, prions pour que n\'éclatent ici et là des foyers de tension !
Jean-Claude Boyer mardi 21 décembre 2004 Auteur

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