Rentrée scolaire 2015 : Manigat annonce ses nouveaux chantiers

La généralisation du programme du nouveau secondaire sur tout le territoire national, l’actualisation et la mise en œuvre du Plan national de formation des maîtres, la distribution à grande échelle du permis provisoire d’enseigner à plus de 70 000 professeurs, sont parmi les grandes mesures que le ministre de l’Education nationale et de la Formation professionnelle, Nesmy Manigat, a annoncées vendredi, à l’hôtel Royal Oasis, pour la nouvelle rentrée scolaire prévue pour le 7 septembre prochain.

Publié le 2015-07-29 | lenouvelliste.com

À moins de deux mois de la rentrée académique 2015-2016, le ministre de l’Education nationale et de la Formation professionnelle, Nesmy Manigat, annonce déjà les différentes mesures qui seront d’application stricte dans les écoles publiques et privées du pays en vue de répondre à son objectif qui n’est autre qu’ « une éducation de qualité pour tous les fils du pays ». Le ministre a fait le point en présence, entre autres, des 10 directeurs départementaux, des directeurs et d’autres responsables du MENFP qui participaient à un atelier de travail sur la généralisation du programme du nouveau secondaire. Sur le plan de la qualité de l’éducation et sur le plan de la gouvernance, le ministre Nesmy Manigat affiche clairement ses intentions pour cette nouvelle année académique. L’une des mesures qui vont surtout attirer l’attention de beaucoup de directeurs d’écoles est la généralisation du nouveau secondaire dans toutes les écoles publiques et privées du pays. Plus de 173 00 élèves venant de 200 lycées et plus de 2 000 écoles privées seront touchés par cette nouvelle mesure, a souligné Nesmy Manigat. « Il est inconcevable pour un jeune - après ces quatre années secondaires - de ne rien savoir en économie, en droit, ou encore en environnement », s’est-il plaint. « L’objectif de ce programme qui arrive à la suite d'une évaluation et d'un consensus dégagé dans cette perspective, est de permettre aux jeunes d’avoir, après la philosophie, une connaissance plus élargie sur des matières avec lesquelles ils devraient déjà faire connaissance dans les salles de classe, a–t-il dit. Le nouveau secondaire est aussi un programme qui devrait permettre à ces jeunes de sortir après les quatre années du nouveau secondaire avec un diplôme en main. » Plus loin, le ministre Nesmy Manigat a souligné que le MENFP entend poursuivre des actions pour la mise en place du numérique dans toutes les écoles reconnues par l’État haïtien. Plus de 15 000 tablettes seront distribuées dans les écoles publiques et privées du pays en vue de faciliter aux élèves l'accès à des contenus qui existent déjà sur le site du MENFP pour les différents niveaux. Dans les lycées en particulier, 5 000 tablettes et 250 tableaux numériques interactifs seront distribués. « Au cours de cette nouvelle année académique, nous allons également mettre à la disposition de plusieurs établissements un logiciel de gestion scolaire. Il permettra de gérer à la fois le pédagogique et l’administratif afin d’améliorer l’efficacité des actions de toutes les écoles qui seront touchées par cette nouvelle initiative. » Le port de l’uniforme unique, une réalité Sur le plan de la gouvernance, le ministre de l’Education nationale a rappelé que les élèves des écoles publiques du niveau fondamental, de la 1re à la 9e année fondamentale, porteront désormais le même uniforme à partir de cette année académique : chemise ou corsage à carreaux de couleur bleu marine et blanc sur un pantalon ou une jupe bleu marine. Le port de l’uniforme unique pour l’année académique 2015-2016 aura un double avantage, selon le ministre. « Il favorisera d’abord l’inclusion surtout pour des élèves qui sont dans les écoles publiques et permettra ensuite une baisse du prix de l’uniforme », a expliqué Nesmy Manigat, qui a salué certains directeurs d’écoles privées qui ont décidé d’appliquer la mesure en adoptant l’uniforme unique pour cette nouvelle année académique. Distribution de 70 000 permis provisoires d’enseigner Toujours dans le cadre de la réouverture des classes pour la nouvelle année académique, le ministre Manigat promet pour bientôt la distribution à grande échelle du permis provisoire d’enseigner (PPE). Jusqu’à cette date, 70 000 permis sont déjà disponibles. Il a ainsi expliqué les raisons qui justifient le choix d’un PPE au lieu d’un permis définitif d’enseigner. « Par cette mesure, nous voulons comptabiliser les professeurs réels qui sont dans le système avant de valider leur permis définitif», a-t-il avancé pour justifier le choix du PPE avant d’ajouter que ce permis donnera droit à la Carte avantage éducation (CAE) avec divers privilèges. PSUGO : 1re année et 2e année des écoles privées écartées Pour l’année académique 2015-2016, le ministère de l’Education nationale et de la Formation professionnelle décide d’exclure les 1re et 2e années des écoles privées qui étaient dans le Programme de scolarisation universelle, gratuite et obligatoire (PSUGO). Ainsi, il a souligné que les écoles nationales seront priorisées pour accueillir les cohortes du PSUGO en 1re et 2e année fondamentale, sauf dérogation formelle, au besoin, par le ministre. « Nous allons réorienter ces fonds en vue de renforcer les écoles publiques. Les autres cohortes pour les autres années dans les écoles privées suivent par contre leur cheminement », a-t-il précisé. Si jusqu’à présent le ministre de l’Éducation nationale croit dur comme fer que l’ouverture des classes se fera le 7 septembre prochain, plusieurs directeurs qui n’ont pas encore reçu le paiement de la deuxième et de la troisième tranche du PSUGO menacent de gagner les rues pour boycotter l’ouverture des classes. A ce sujet, le ministre de l’Education annonce le paiement progressif des deux dernières tranches d’argent du PSUGO pour l’année académique 2014-2015 avant la réouverture des classes. Toutefois, il a souligné que seulement les écoles qui sont en règle avec le MENFP seront payées. Dans la foulée, le ministre Manigat annonce pour ce week-end les résultats progressifs des examens d’État de cette année. Il a également précisé que le pourcentage de réussite, selon les premières évaluations, n’est pas si différent de celui des 10 dernières années.


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