Sonson Lafamilia : Martelly en mode ni ni …

« Je n’avais pas agi pour qu’il soit arrêté, puis libéré, je n’agirai pas pour qu’il soit arrêté à nouveau », a révélé Michel Martelly

Publié le 2015-06-16 | lenouvelliste.com

15 juin 2015. Presque deux mois jour pour jour après que le juge Lamarre Bélizaire a libéré Woodly Etheard, alias Sonson Lafamilia, présenté par la police judiciaire et le juge d’instruction Sonel Jean comme le cerveau de Baz Galil, responsable de plusieurs rapts, le président Michel Martelly s’exprime. Accusé par des organisations des droits de l’homme de garantir l’impunité à des gens de son sérail, Michel Martelly est en mode ni ni. « Je n’avais pas agi pour qu’il soit arrêté, puis libéré, je n’agirai pas pour qu’il soit arrêté à nouveau », a expliqué le chef de l’Etat, laissant, l’impression d’être totalement étranger au pourvoi en cassation exercé par le gouvernement après la décision du juge Lamarre Bélizaire qualifié de honteuse, de scandaleuse, d’avilissante pour la justice et dangereuse pour la société. Le président s’est aussi présenté comme quelqu’un qui n’a jamais appelé un juge, voire lui passer une instruction. Mon épouse est devant la justice et je n’ai jamais appelé un juge, a dit le président qui met quiconque en défi de prouver le contraire. Michel Martelly a dit qu’il mentirait s' il disait qu’il ne connait pas Sonson. « Est-ce que je vais vous dire qu’il n’avait pas de restaurant, qu’il n' assistait pas aux prestations de Djakout et de Sweet Micky ? Ce serait mentir », a dit le président de la République qui avance que c’est sous son régime qu’on a arrêté Sonson Lafamilia (NDLR Sonson avait été arrêté dans le passé). « C’est sous mon régime qu’on a arrêté Sonson. Il était là depuis longtemps, on ne l’a jamais arrêté », a affirmé Michel Martelly, qui souligne au passage qu'il applique la tolérance zero vis-à-vis de ses proches si ces derniers se rendent coupables de violation de la loi.« A mes amis, je disais que le job que je vous donne s'accompagne d'une paire de menottes», a expliqué le chef de l'Etat. Après la libération de Sonson Lafamilia et Renel Nelfort, alias Renel Lerécif, des centaines de personnes avaient marché dans les rues de Port-au-Prince pour exiger le retour en prison de ces anciens inculpés et la mise à l’écart du juge Lamarre Bélizaire. Entre-temps, dans les prochains jours, les résultats de l’enquête disciplinaire ouverte contre le juge Lamarre Bélizaire devraient être connus. Le pourvoi contre les concernés a été enrôlé au greffe de la cour de Cassation. On ne sait pas encore si le dossier a été distribué. La cour de Cassation qui fonctionne avec huit juges sur 12 reçoit des dossiers de toutes les juridictions d’Haïti. Elle n’est pas connue pour sa célérité dans le traitement des pourvois exercés.


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