Kiko St Rémy attaque, Lamothe répond

Publié le 2014-11-19 | lenouvelliste.com

Charles St-Rémy, mieux connu sous le sobriquet de «Kiko», sur le béton, avec des milliers de manifestants exigeant le départ de son beau-frère du pouvoir ce 18 novembre 2014 ! Certains ont d’abord cru à un canular, alors que d’autres, les vieux singes de la politique d’ici, sortaient leurs tchala, ce manuel à décrypter les faits politiques, les dits, les non-dits et surtout l’objectif des positionnements. Sur Radio Kiskeya, Kiko St-Rémy a expliqué qu’il n’est pas au courant qu’il soit l’objet d’un quelconque mandat de justice. Quelques bonnes secondes auparavant, Kiko St-Rémy, qui se présente comme un Tèt Kale de pure souche, avait tracé ses frontières, réaffirmé son allégeance et désigner publiquement sa cible. Il ne partage pas l’objectif des manifestants qui réclament le départ son beau-frère de président. Sans ménagement, Kiko St-Rémy a en revanche tapé sur le Premier ministre Laurent Salvador Lamothe. La guerre entre les deux hommes n’est plus froide. Elle déborde le cercle de gens au parfum des échos et secrets des hautes sphères du pouvoir. Pour Kiko St-Rémy, il faut bloquer « le plan macabre » de Laurent Lamothe. Le Premier ministre, a-t-il accusé, « instrumentalise la justice », neutralise des « compétiteurs », des « opérateurs », des « militants ». Invité a cité des exemples, Kiko St-Rémy a évoqué l’incarcération des prisonniers politiques Byron Odigé et Rony Timothée. Après cette charge contre le Premier ministre, la Primature, ce mercredi, s’est murée dans un mutisme déconcertant pendant toute la journée. Le silence radio a été brisé en début de soirée par Me Michel Brunache, porte-parole du Premier ministre Laurent Salvador Lamothe. « Il y a certaines personnes qui ne comprennent pas le principe de l’indépendance de la justice. Même en étant proche du pouvoir, la justice doit continuer à faire son travail », a expliqué Michel Brunache. « La justice n’est pas une affaire de famille. C’est une affaire d’Etat. Le Premier ministre croit dans l’indépendance de la justice », a-t-il insisté, rappelant « que la bonne gouvernance, la lutte contre la corruption et l’option préférentielle pour les pauvres » font partie de la ligne directrice du gouvernement. « Tout collaborateur qui ne comprend pas cela sera laissé en route », a ajouté Michel Brunache, se refusant à d’autres commentaires. « Nous pronons la liberté et l'indépendance du pouvoir judiciaire. C'est indispensable pour la démocratie. La lutte contre la criminalité continue », a déclaré le PM sur son compte Twitter pendant le 43e Conseil des ministres. Entre-temps, des sources judicaires ont confié au journal que Kiko St- Rémy doit comparaitre prochainement au cabinet du juge Sonel Jean-François pour être auditionné comme témoin dans l’instruction du dossier Woodly Ethéart, alias Sonson Lafamilia, le cerveau présumé de Baz Galil, un puissant gang mouillé dans de multiples enlèvements et autres choses louches, selon la justice. La sortie de Kiko St-Rémy, beau-frère du chef de l’Etat, intervient dans un contexte de petite tension entre les clans qui lorgnent la présidence, après le quinquennat de Michel Martelly. « Autour du président, il y a beaucoup de candidats », a confié en off une source haut placée.


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