Sophia Désir, une plume qui veut mûrir

PUBLIÉ 2014-06-04
Dans le cadre de cette 20e édition de Livres en Folie, Sophia Désir présente « À contre destin ». Pour la belle voix, c’est la cinquième fois à la plus grande foire du livre où elle entend faire profiter aux lecteurs de la maturité de sa plume qu’on pourra constater, de son aveu, dans son dernier roman.


Dans l’écriture de Sophia Désir il y a un avant et un après l’article intitulé « Un fruit nommé Désir » de Pierre Clitandre paru en 2009 dans Le Nouvelliste. Le journaliste, dans cet article, n’est pas allé de main morte dans sa critique du roman « Au bout des errances » de l’ex-présentatrice de nouvelles sur Radio Métropole. Tout de go, il la catégorise. « Sophia Désir fait partie d’une génération de femmes-écrivains qui ne s’embarassent pas de grands thèmes », lit-on en début de l’article. Plus loin il souligne son manque de doigté en tant qu’écrivain. « Sophia peut passer, sans le savoir encore, à côté des secrets de la littérature... » Même son choix de cadre de son roman n’a pas été épargné « Sophia Désir est l’exemple et le prototype d’une génération qui voit les choses du côté des artifices du matérialisme américain [...] on se surprend à lire dans ''Au bout des errances'' comme si l’Indigénisme n’avait jamais existé. » En gros, cet article, qui est loin d’être dithyrambique de l’écriture de Sophia Désir, a permis par contre de la mettre en lumière. En plus on convient qu’il était une critique constructive, et n’avait pas le ton d’un règlement de compte ou d’une attaque personnelle contre l’écrivain. La principale intéressée, cinq ans après, dit tenir compte de tout ce qui se dit sur ses oeuvres, inclus cet article. Toutefois, Sophia Désir dit reconnaître son droit de choisir ses personnages, son cadre, son écriture. « Mon Dieu, fait-elle, si tous les auteurs devaient se mettre à écrire dans le même style et sur les mêmes sujets, la lecture serait bien ennuyeuse ! J'ai choisi d'écrire des romances et personne ne peut contester le fait qu'il y a un public pour ce genre. Quant à mon écriture que ce monsieur a trouvé trop légère, encore une fois, c'est mon choix. J'aime que mes personnages, tout en étant fictifs, soient aussi vrais que possible, authentiques. » La preuve qu’elle en tient compte réside d’ailleurs dans « À contre destin ». À ce sujet, Sophia explique que son écriture mûrit en même temps qu’elle. Elle place ce tout dernier comme une œuvre qui va au-delà d’une histoire sentimentale entre un homme et une femme. Le casant entre le roman sentimental et le polar, l'auteure y présente une femme découragée par le laxisme de la justice qui décide de mener son propre combat pour retrouver l’assassin de son mari. Deux ans ! C’est en général le temps que Sophia consacre pour réaliser un livre, elle dont l’écriture n’est pas la principale activité. C’est a priori une évasion pour l'auteure. Des histoires, elle dit en avoir toujours plein la tête. « Et j'ai toujours envie, renchérit-elle, de partager le fruit de mon imagination avec les autres. C'est ce que l'écriture me permet. J'aime aussi savoir qu'il y a un public qui prend plaisir à lire mes livres, qui attend le prochain. C'est une satisfaction personnelle. » L'écrivain avoue aussi que cette passion remonte à son enfance. De Livres en Folie, auquel elle participe les 19 et 20 juin au Parc Historique, Sophia pense que c’est un espace idéal pour tout auteur de lancer ses productions puisque la foire rassemble, selon elle, tous les amants du livre. « C'est aussi l'opportunité de rencontrer mes lecteurs, qui en profitent pour me faire part de leurs opinions sur les livres précédemment publiés », souligne l'auteure avant de conclure que le contact direct avec les lecteurs est un pur bonheur pour elle.



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