Deux journées de grève pour protester contre l’insécurité

Publié le 2021-10-20 | lenouvelliste.com

Les activités étaient complètement à l’arrêt lundi et mardi à Port-au-Prince et dans plusieurs villes de province. A l’initiative de syndicalistes des transports en commun, notamment l’Association des propriétaires et chauffeurs d'Haïti (APCH), deux journées de grève ont été observées. Les écoles, les banques commerciales, les supermarchés, les maisons de transfert entre autres institutions et entreprises ont fermé leurs portes. Les véhicules de transport en commun n’ont pas été remarqués dans les rues lundi. L’administration publique n’a pas fonctionné. Même le secteur informel a tourné au ralenti. En milieu de journée, des barricades de pneus enflammés ont été remarquées dans certains secteurs. Des témoins ont rapporté des jets de pierres dans certaines zones. 

Mardi, une timide reprise a été observée dans la capitale. Toutefois, les écoles et la majorité des entreprises et institutions ont gardé leurs portes fermées. Des dizaines d'individus circulant à moto ont contraint certaines enseignes à fermer leurs portes à Delmas, sur la route de Frères, etc. Le mot d’ordre de grève a été également observé dans certaines villes de province, notamment les Cayes où les activités ont tourné au ralenti. A Jérémie, les écoles ont ouvert leurs portes alors que les banques commerciales sont restées fermées. Au Cap-Haïtien, la situation était calme lundi et mardi matin. Toutefois, la tension y a régné en milieu de journée. Des barricades ont été érigées dans certaines rues, alors que des individus non identifiés lançaient des pierres et des tessons de bouteille dans d'autres. Les établissements scolaires ont dû renvoyer les écoliers avant l’heure. Une vive panique a régné dans la deuxième ville du pays. Le Nouvelliste a appris que des motards ont protesté contre la pénurie de carburant aux Gonaïves, à Port-de-Paix, à Saint-Marc, aux Cayes, etc. 

L’Association des propriétaires et chauffeurs d’Haïti (APCH) avait lancé cette grève pour protester contre le climat d’insécurité qui règne dans le pays. Mardi après-midi, le président de l’APCH, Changeux Méhu, a annoncé la levée de la grève. « Le secteur des transporteurs, représenté par le STTH et l’APCH, a salué le courage de la population et remercié les dirigeants des syndicats des 10 départements du pays, d'autres organisations, les professeurs, les ouvriers, les membres du secteur privé, etc. qui ont permis la réussite de ces deux journées de grève. Nous avons dit non à l’insécurité et au kidnapping. Malgré ces deux journées de grève, le gouvernement continue de faire la sourde oreille et d’ignorer le cri des travailleurs. L’appel à la grève est levé. Toutefois, la population doit rester mobilisée », a déclaré Changeux Méhu.

Le syndicaliste a annoncé l’arrêt prochain de toutes les activités dans le pays pour une durée indéterminée. « Nous demandons à la population de se ravitailler en eau, nourriture, etc. Nous attendons le signal des autres groupes organisés afin de mettre le pays à l’arrêt. Il n'y aura plus de grève. Tout sera mis à l’arrêt. Les bureaux de l’administration publique vont devoir rester fermés jusqu’à ce que le problème de l’insécurité soit résolu », a fait savoir Changeux Méhu.



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