Ariel Henry, immobilisé, en appelle à la conscience patriotique de ses opposants 

Après un bras de fer entre les Etats-Unis et la Chine sur la situation d’Haïti, le Conseil de sécurité de l’ONU a finalement renouvelé, vendredi, de neuf mois le mandat du Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH). Le Premier ministre Ariel Henry, qui vient juste d’échouer à former un Conseil électoral provisoire, appelle les acteurs haïtiens à la conscience patriotique lors de son intervention pendant une rencontre virtuelle du Conseil de sécurité de l’ONU consacrée à Haïti le vendredi 15 octobre

Publié le 2021-10-15 | lenouvelliste.com

A la suite d’un compromis entre les Etats-Unis et la Chine sur la situation d’Haïti, le Conseil de sécurité de l’ONU a prolongé de neuf mois le mandat du Bureau intégré des Nations-Unies en Haïti (BINUH). Ce renouvellement du mandat du BINUH intervient dans un contexte où le pays fait face à une recrudescence inédite de l’insécurité et l'impuissance du gouvernement à donner une réponse à cette situation.

Le Premier ministre est dans l’impossibilité d’appliquer l’accord politique qu’il a signé le 11 septembre dernier avec des partis politiques et des organisations de la société civile. Ariel Henry a échoué dans sa première tentative à former un Conseil électoral provisoire. Il est aussi dans l’incapacité à changer les membres de son gouvernement comme le prévoit l’accord. Face à cette situation, il en a profité de son intervention à une rencontre virtuelle ce vendredi du Conseil de sécurité de l’ONU pour appeler les acteurs à la conscience patriotique…

« La méfiance généralisée rend difficile la recherche d’entente même entre des gens qui disent exactement la même chose, mais chacun dans son coin avec ses amis, sans pouvoir entendre et comprendre qu’ils ont beaucoup plus de points d’accord que de désaccord », a déclaré Ariel Henry. Comme un aveu d'impuissance, il indique : « J’ai voulu briser ces barrières et transcender les clivages politiques et sociaux en parlant à tout le monde. »

« En tant que démocrate convaincu, je crois indispensable de retourner à un fonctionnement normal des institutions, en remettant la direction du pays à des élus jouissant de la confiance de la population », a ajouté le Premier ministre.

« J’en appelle à la conscience patriotique des uns et des autres pour mettre un terme à nos tergiversations. Notre pays est en danger d’effondrement, ce qui constituerait un drame pour nous et un souci majeur pour nos voisins », a-t-il dit.

« Mon souci principal, a soutenu Ariel Henry, a été et est encore de tout mettre en œuvre pour faire revenir mon pays, dans les meilleurs délais, à un fonctionnement normal des institutions démocratiques. C’est l’objectif qui a guidé et continuera de guider mes actions » Le Premier ministre a fait ces déclarations après avoir participé, vendredi à une rencontre virtuelle du Conseil de sécurité de l’ONU consacrée à Haïti, à laquelle ont pris part, entre autres, le Premier ministre de St Vincent et les Grenadines, le ministre des Affaires étrangères de la République dominicaine et le secrétaire général de l’OIF et celui de la Caricom.

Parallèlement, Brian A. Nichols, secrétaire adjoint aux affaires de l'hémisphère occidentale au Département d'État américain, a appelé les acteurs à fusionner les différents accords politiques sur le tapis. « Les personnes que j'ai rencontrées en Haïti ont partagé la même vision, une Haïti sûre, démocratique et prospère. Nous appuyons fermement les efforts visant à fusionner les différents accords politiques en une seule voie en vue de concrétiser cette vision. Les Haïtiens devraient travailler ensemble pour tracer la voie à suivre », a-t-il écrit vendredi sur son compte Twitter.

Huit sur neuf secteurs de la société que le Premier ministre a invités pour désigner des membres au nouveau Conseil électoral provisoire ont tout simplement décliné l’invitation. Selon eux, la priorité de l’heure c’est l’insécurité. Le moment n’est pas propice à l’organisation des élections dans le pays, ont-ils fait savoir au chef du gouvernement.



Réagir à cet article