Bataille pour le pouvoir en Haïti, la diaspora doit se prendre en main

Publié le 2021-09-22 | lenouvelliste.com

Mardi soir, le premier ministre Ariel Henry a obtenu la publication dans le journal officiel Le Moniteur de l’Accord dit de la Primature. Selon le texte, Henry restera en poste jusqu’en 2023 avant de transmettre le pouvoir à un président élu.

Ce mercredi, le secrétaire général de la présidence, Lyonel Valbrun, qui a adressé une série de lettres au premier ministre, au ministre de la Culture et de la Communication et au directeur général des Presses nationales pour dénoncer la publication de l’accord dans Le Moniteur.

A la tête de l’État haïtien, les plus hautes autorités ignorent la principale crise qui secoue la communauté haïtienne au niveau mondial, la situation migratoire au Texas, pour s’adonner au jeu préféré des politiciens haïtiens : courir après le pouvoir.

Il faut dire que les enjeux sont de taille. Sans hausser le ton, sans paraître habile, Ariel Henry prend tous les pouvoirs et écarte, les uns après les autres, les obstacles qui étaient ou sont encore sur sa route.

Le neurochirurgien opère à la tête de l’État une délicate opération. Aura-t-il le temps de la parachever? On ne sait pas. Ses adversaires de tout horizon vont-ils lui laisser toute latitude pour gagner le délicat pari de la captation de tous les pouvoirs ? On verra.

En attendant, toute la classe politique fait du Ariel Henry. La situation au Texas n’existe pas. Les avions qui déversent nos compatriotes au Cap-Haitien et à Port-au-Prince sont ignorés. Les rumeurs qui parlent de camps à Guantanamo, comme pendant la période du coup d’État (1991-1994), pour interner nos compatriotes, n’inquiètent pas nos responsables.

La route de la prise du pouvoir est si belle.

Il reste comme souvent la diaspora et ses associations. Pas celles qui se cachent derrière des noms pompeux pour venir quémander des postes en Haïti ou dans la diplomatie, non, les vraies associations de combattants pour la défense des droits des Haïtiens. Celles qui s’inscrivent dans la lignée du père Gérard Jean Juste ou du pasteur Jean Rénélus, pionniers de la défense des Haïtiens aux USA.

La diaspora et tous ceux qui aspirent à devenir membres de la diaspora ne peuvent pour le moment compter que sur les bons samaritains de la communauté, ceux qui ont su se regrouper, s’organiser et exister avec, souvent, des supports américains, pour prendre fait et cause pour eux.

Cette nouvelle crise souligne combien la représentation haïtienne dans les pays d’accueil est faible et comment, même après cent ans d’immigration, nous ne maîtrisons pas assez les codes des pays où nous vivons ou voulons vivre.

Haïti n’a pas de politique étrangère pour la protection de ses ressortissants, la diaspora n’a pas encore pris le contrôle de tous les leviers et boucliers qui sont à sa disposition.



Réagir à cet article