Pour une production cacaoyère performante

Plusieurs institutions privées, organisations étatiques et non gouvernementales s’impliquent à fond dans la relance de la production du cacao dans le pays. En plus du projet « Leve Kafe » dont le lancement a eu lieu il y a quelques mois, plusieurs projets déjà rédigés sont en attente de financement. Avec des coopératives de production dans le Nord et dans la Grand-Anse, beaucoup d’efforts sont fournis pour relancer cette production. Le ministère de l’Agriculture, à travers l’Institut national du café haïtien (INCAH), organe public qui s’occupe de la production de café et de cacao, promet d’accompagner les producteurs afin d’y parvenir. 

Publié le 2021-06-17 | lenouvelliste.com

Haïti, dans  son Document d’orientation agricole 2010-2025, priorise quatre grands chantiers. Les décideurs ont pris pour cibles prioritaires la réduction de la dépendance à l'importation d’aliments,  la création d’opportunités d’emplois en milieu rural pour freiner l’exode vers les villes, l’augmentation de l’apport du secteur agricole en devises et la réduction de la vulnérabilité environnementale. Cette politique est divisée en des plans pluriannuels, dont le dernier mentionne quatre axes sur lesquels s’inscrivent le développement de bonnes pratiques agricoles et la promotion des cultures à haute valeur environnementale, dans lequel les systèmes caféiers et cacaoyers associés à des fruitiers sont priorisés en haute et moyenne altitude du fait de leurs effets favorables sur la protection des sols et de leur capacité à générer de la valeur ajoutée.

Ainsi, l’augmentation de la production de cacao et de café figure parmi les priorités des décideurs. Un plan de relance de la filière a alors été élaboré et prend en compte, entre autres, la régénération et l'établissement de nouveaux vergers, le contrôle intégré des pestes, la formation et la recherche, le traitement post-récolte, la fidélisation et l'accès aux marchés.

 L'idée, selon les tenants de cette filière, est de contribuer à la modernisation de la production à travers des actions ciblées telles que le renforcement de la capacité des coopératives locales à régénérer et rénover les parcelles tombées en dégénérescence et à implanter de nouveaux vergers de cacao, la formation de cadres et le développement de la recherche agricole, la vulgarisation des paquets performants adaptés à la culture du cacao dans ce contexte de changement climatique, la diminution des pertes post-récolte, l’identification et le développement des marchés.

Ces actions, si l’on en croit le coordonnateur de l’INCAH, Abel Cléomé, sont de nature à augmenter le volume de cacao exportable et pour la consommation locale au niveau des deux grandes zones de production du pays.

Selon M. Cléomé, cette production génère au pays pas moins de huit millions de dollars américains en moyenne au cours des sept dernières années, ce qui représente 28% des exportations totales de produits agricoles. L’on parle d’une production avoisinant les 7 500 tonnes par an pour une superficie estimée à environ 15 000 hectares. Ils sont nombreux à vivre de cette culture. Selon les estimations des autorités gouvernementales, cette culture n’embauche pas moins de 25 000 producteurs.  Aussi doit-on prendre en compte 10 000 transformateurs, quinze coopératives, quatre exportateurs et une fédération de producteurs.

Cette production, selon le coordonnateur, fait face à une série de contraintes affectant l’offre depuis plusieurs décennies. Pourtant, soutient-il, le cacao représente un sous-secteur important pour les paysans haïtiens et le développement économique durable du pays.



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