L’insécurité généralisée requiert un front commun réclamant des solutions globales

Publié le 2021-04-14 | lenouvelliste.com

Le secteur privé haïtien a lancé un appel à la fermeture des entreprises et commerces pour ce jeudi 15 avril 2021. L’initiative est prise pour protester contre l’insécurité, les kidnappings et les assassinats qui endeuillent les familles haïtiennes.

Sitôt la note des associations patronales publiée, des entreprises et commerces ont rendu public à leur tour des avis pour annoncer la fermeture de leurs portes ce jeudi.

Ni les associations ni les entreprises n’ont fait mention du mouvement initié par les évêques catholiques pour ce même jeudi. Un appel à la fermeture de toutes les écoles congréganistes, presbytérales et les universités d’obédience catholique avait fait suite à l’enlèvement dimanche de prêtres, de religieuses et de laïcs engagés dans la foi catholique.

Si le mouvement du 15 avril est un coup de semonce clair contre l’incapacité de l’État et de l’administration Moïse à répondre aux besoins de sécurité de la population, on ne peut pas faire semblant d’ignorer le chacun pour soi qui le caractérise.

Les évêques n’avaient pas cherché la solidarité des autres secteurs, les autres secteurs, sauf de rares exceptions, agissent en leur nom propre sans dire se joindre à l’appel des responsables catholiques.

Chaque Haïtien, chaque entreprise et chaque institution sont confrontés aux problèmes de l’insécurité, mais chaque Haïtien, chaque entreprise et chaque institution cherchent sa solution individuelle. Aujourd’hui chacun lance son mouvement de protestation.

La division fait le jeu des bandits depuis des mois et n’incite ni la Police nationale d’Haïti ni le gouvernement à faire de leur mieux.

La population, les plus faibles et les plus vulnérables doivent cesser d’être, encore une fois, les oubliés dans la recherche des solutions. L’insécurité est un problème général, tous les secteurs doivent s’unir pour porter l’État à y trouver des solutions globales.

En fin d’après-midi, on a appris que deux syndicats de transporteurs publics se joignent au mouvement. Seuls ces deux syndicats, Sektè Transpò Terès Ayisyen (STTH) et APCH ont clairement fait référence à la position de l’Église catholique et à celle des associations patronales. Les syndicats, par leur action, transforment le mouvement en une grève générale et on se demande déjà ce qui se passera le 16 avril.



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