Jean Baden Dubois : « Les circulaires permettent de corriger des déséquilibres du marché »

Publié le 2021-03-26 | lenouvelliste.com

La Banque de la République d’Haïti (BRH), à partir des circulaires, corrige des déséquilibres du marché. Les circulaires ne permettent pas de résoudre les problèmes fondamentaux. La BRH ne peut publier une circulaire au profit de la production pour dire à tout le monde de produire », a soutenu Jean Baden Dubois, gouverneur de la Banque de la République d’Haïti, soulignant que les circulaires 114 visaient à corriger des désordres, lors d’une rencontre, le jeudi 25 mars, avec des journalistes autour de la stabilité macroéconomique et la politique monétaire, au Centre de convention et de documentation Antonio André.

Le gouverneur n’écarte pas l’idée de porter des modifications à une circulaire dans l’objectif de l’améliorer. « C’est en ce sens que nous rencontrons des acteurs aujourd’hui afin de voir comment améliorer la circulaire 114-2 », a affirmé M. Dubois, rappelant que le glissement des opérations de change vers l’informel entretenait des pratiques défavorables et c’est ce qui renvoie à la mise en place de la circulaire 114-2. Le numéro un de la BRH rappelle que des bénéficiaires dans les zones de transfert reçoivent 80 gourdes pour un dollar alors que le taux de change dépassait 120 gourdes pour un dollar américain.   

« La mise en place de la circulaire 114-2 s’inscrit dans le cadre des dispositions prises par la BRH pour formaliser les opérations de change sur le territoire national en vue de protéger les ménages haïtiens et de s’assurer d’une fluctuation du change reflétant les conditions du marché », lit-on dans le dossier de presse de la BRH. Depuis la mise en application de la circulaire 114-2, le paiement des transferts se fait uniquement en gourdes chez les agents autorisés et les maisons de transfert selon le taux de référence de la BRH. Ce taux doit être affiché visiblement dans les bureaux de change, exige la circulaire.

Au cours de cette rencontre avec la presse, le gouverneur reconnait qu’avec l’application de la circulaire 114-2 et du décret sur les intermédiaires de change, le marché informel est faiblement alimenté en dollars alors que la demande n’a pas changé. « Les taux sur le marché informel ont le même mécanisme que ceux du marché formel, sauf qu’ils ne sont pas contrôlés. Ce segment de marché étant désormais faiblement alimenté, on a dû procéder à une augmentation de ses taux », a déclaré le gouverneur Jean Baden Dubois.  

Effectivement, sur le marché informel, il y a plusieurs taux de change qui sont de loin supérieurs au taux de référence calculé par la BRH. Ces taux dépendent du volume, de la nature de la transaction et de l’impatience du demandeur ou du vendeur, selon le gouverneur.  Sur le marché formel comme sur le marché informel, la pratique d’une multiplicité de taux de change est courante depuis quelques années.  Pour le gouverneur, c’est une chose normale. « Aucun pays avec un régime de change flottant n’a un taux unique, même avec un taux de dollarisation faible. Sinon, il n’y aurait pas de compétition entre les bureaux et les agents de change en République voisine par exemple », a argué M. Dubois, soulignant que le taux affiché est tributaire de la situation du marché en termes d'offre et de demande. Par contre, les taux pratiqués résultent de négociations entre le vendeur et le demandeur.

« La BRH à elle seule ne peut pas résoudre les problèmes structurels de l’économie, a allégué Jean Baden Dubois. Ces problèmes structurels entravent la stabilité du taux de change. Tout le monde doit jouer sa partition. Souvent, quand un acteur joue son rôle, on pense qu’il va résoudre tous les problèmes. Les institutions publiques, dont le ministère de l’Économie et des Finances, doivent s’assurer que le financement monétaire est soutenable. Quant au ministère du Commerce et de l’Industrie, il doit jouer pleinement son rôle de contrôle de qualité et de l’affichage des prix en gourdes sur toute l’étendue du territoire. De leur côté, les commerçants et les banques sont appelés à plus de transparence. »  



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