Festival de théâtre Quatre Chemins

Miracson Saint-Val met en scène Chemins de fer

Publié le 2017-11-28 | lenouvelliste.com

Péguy F. C. Pierre

Julien Mabiala Bissila, Congolais, remporte en 2014 le premier prix Théâtre RFI. Chemins de fer, son texte alors primé, relate la guerre fratricide de 1997 au Congo-Brazzaville qui a fait pas moins de 400 000 morts. C’est cette pièce, en écho, sur une échelle moindre, à la tuerie à Grand-Ravine, Martissant, le 13 novembre 2017, que Miracson Saint-Val se propose de porter sur la scène du Yanvalou les mardi 28 et mercredi 29 novembre.

Résumé

Dans Chemins de fer, un homme balbutie entre cette guerre qui l’a complètement ravagé et sa vie d’aujourd’hui qui n’a de sens que dans ses souvenirs. Il sert à chaque passant un morceau de souvenir comme un plat de ragoût de cochon bien pimenté. Les décombres de l’hôpital. Une colline de cadavres qui s’empilent. Les morts refusant de mourir. Son père conducteur de train qui a passé plus de temps à donner des coups de reins qu’à conduire le train. Des souvenirs comme une rafale de Kalach ! Les mots sortent tout seuls, sans contrôle, ne veulent plus s’arrêter, jusqu'à étrangler ce corps qui le porte. Happé par la parole, par ces mots fous qui courent dans tous les sens. « Je suis un homme ordinaire attaqué par les mots de Guerre, de Transe, de Survie », dira-t-il.

Ce résumé est tout ce que nous savons jusque-là de la pièce de Julien Mabiala Bissila. Parce qu’elle aborde la question de la guerre ayant décimé 10% de la population congolaise entre 1993 et 2002, nous ne pouvons mettre en doute la profondeur de ce texte. C’est probablement la gravité de l’histoire qui explique aussi le choix de Bissila d’écrire un drame. Face à cette pièce forte, Miracson Saint-Val seul en monologue.

Le comédien a l’habitude des personnages aux traits exagérément prononcés. Nous ne faisons nullement ici allusion à la corpulence mais au verbe et au gestuel de tous ces personnages dans la peau desquels il a eu à se mettre. Impossible d’oublier son jeu dans le rôle de Gervilien Gervilus*. Cet homme qui balbutie dans Chemins de fer, de la bouche duquel les mots giclent, sans contrôle, en imposera forcément. Au comédien de rendre toute la souffrance qui le transperce, de se laisser envahir, comme lui, par ses souvenirs comme une rafale de Kalach ! A Miracson de le camper dans sa transe et sa survie. Nous n’en attendons pas moins de Jera*.



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