Mérès Weche, disparition d’un créateur

Publié le 2021-10-22 | lenouvelliste.com

Journaliste, critique d'art, poète, plasticien, galeriste, Mérès Weche, 78 ans, est décédé dans la nuit du 15 au 16 octobre 2021 à Beaumont sa ville natale, située au flanc nord du pic Makaya, à 800 mètres d’altitude. Mérès Weche c'était le verbe, la truculence, l'amour du débat, la passion contagieuse.

Le journaliste Mérès Weche, monstre sacré de l’art haïtien, est décédé dans la nuit du 15 au 16 octobre 2021 à son domicile à Beaumont à l’âge de 78 ans, a annoncé sa famille. Le milieu culturel haïtien perd une de ses figures les plus populaires. L’art haïtien a perdu un créateur, une voix indépendante, aimée et spéciale et un écrivain qui a gagné l'estime de ses confrères et l'amour des lecteurs. Ancien collaborateur au journal Le Matin, Le National et L’Union, Mères Weche rêvait les yeux grands ouverts. Il voyait son Haïti de demain. Ses rêves étaient plus grands que ses peurs.

Mères était un amoureux de la peinture, de l’art en particulier. « Je touche à tous les genres, tout dépend de mon inspiration du moment et de l’objectif poursuivi dans telle ou telle démarche. En matière d’illustration poétique, il m’arrive d’être abstrait, et je l’ai été dans un recueil de poèmes de St-John Kauss sur New York et dans une publication de Jean-Robert Simonis, à la demande de Dieudonné Fardin. J’ai varié un peu, entre l’abstrait et le concret », disait-il dans une interview accordée à Claude Bernard Sérant pour le journal Le Nouvelliste. Établi pendant plusieurs années au Canada, il restait toujours attaché à sa ville natale. « L’appel des montagnes vertes de Beaumont ne me laisse jamais indifférent », écrivait-il pour chanter sa ville.

Les hommages dans le monde de la culture ont afflué après l'annonce de sa mort. « Le MCC salue le départ de Mérès Weche, et au nom de tout le gouvernement, présente ses sympathies à sa famille et à ses amis esthètes d'Haïti aussi bien de  l'étranger. Malgré sa passion pour la terre sienne, le Beaumont éternel, Mérès était avant tout un citoyen du monde. Il disait souvent qu'il n'y a point de solitude pour celui ou celle qui sait donner; pour celui ou celle qui sait aller à la rencontre de l'autre. », écrit le ministre de la Culture et de la Communication, Jean Emmanuel Jacquet.

« Il m’est difficile de contenir en moi la dichotomie écriture-peinture, qui me prend souvent par la gorge, mais dont je sors fort heureusement gagnant ; ça me permet d’en tirer des avantages créatifs, en les invitant, par le pinceau et la plume, à la même enseigne. », déclare Mèrès Weche au journaliste culturel et écrivain Claude Bernard Sérant concernant son rapport avec l’écriture et la peinture.

 « S´il y a quelque chose de vivant dans la mort, c'est bien le souvenir, car il nous laisse des sensations qui rappellent des mémoires enfouies dans les cendres du passé, comme ces expressions d'amour, de sympathie et d'amitié », écrit Mérès. S’il y a quelque chose de vivant dans sa disparition, les livres qu’il avait publié :  « Le plus long jour de chasteté », « Franketienne s’est échappé », « Débat français-créole, une querelle de ménage », « L’évangile de saint-fac », « Le songe d'une nuit de carnage ».

Nous nous souviendrons pour toujours de son humour original, de sa générosité et sa gentillesse et préserverons comme legs précieux ses brillantes œuvres littéraires et picturales, qui resteront intemporelle à l'instar de son esprit éternellement jeune.



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