Mort de Wooley Henriquez: le Ministère de la Culture salue la chute d'une étoile

Publié le 2021-09-22 | lenouvelliste.com

Le milieu culturel haïtien est en deuil. Woolley Henriquez, poète, acteur, professeur de philosophie, est mort le 2 septembre 2021, aux États-Unis. Rêveur, humaniste, l’infatigable homme de théâtre était un passeur de lumière. Un ambassadeur de la culture haïtienne. Il a été l’un des acteurs de la revue sonore Prisme, puis membre du mouvement Haïti Littéraire. Dans une note de presse publiée sur le site web du ministère de la Culture et de la Communication, son titulaire, Jean Emmanuel Jacquet, rend hommage à cet homme dont l’art ne vient pas d’un simple don.

Wooley Henriquez était un homme de la contestation élémentaire. Rêveur inconditionné, humaniste jusqu’à la moelle. Soucieux de l’avenir de la culture et du théâtre comme éléments incontournables dans la construction des nations et l’instauration d’une conscience populaire, il a écrit plusieurs pièces radiophoniques.

« Le ministère de la Culture et de la Communication déplore la mort du professeur Wooley Henriquez, survenue le 2 septembre 2021, aux États-Unis d'Amérique, où il a vécu ses 35 dernières années. Ses funérailles ont été chantées dans l'État de Floride, le samedi 11 septembre de l'année en cours, en présence de ses proches, ainsi que d'anciens collègues enseignants du droit, de la philosophie et des lettres modernes », lit-on dans la note.                  

« Bien longtemps avant d'avoir roulé sa bosse en Afrique, où il fit preuve de ses talents au poste de directeur du Théâtre national au Gabon, il fut dans les années 60 le compagnon de plume et de scène de maints comédiens et poètes dont la plupart se retrouvaient au sein du mouvement Haïti Littéraire réunissant Anthony Phelps, Roland Morisseau, Serge Legagneur, René Philoctète, pour ne citer que ceux-là. L'on se rappelle également sa performance poétique sur les ondes de radio Cacique, dans ses heures de grande écoute. Il a quitté Haïti sous François Duvalier en 1962 », précise le ministre 

Wooley Henriquez, le dramaturge aux multiples engagements

Le quatrième art était une arme d’une influence redoutable pour Wooley  Henriquez. Il avait joué plusieurs classiques du théâtre mondial. Il a joué la pièce Calligula d'Albert Camus, Frankétienne ou encore Max Kénol, avant de reprendre tout récemment la célèbre pièce de Frankétienne, "Pèlen Tèt" »

Selon le ministre, Wooley Henriquez était un homme d'une grande culture qui s'exprimait dans plusieurs langues, telles que le français, l'anglais, l'espagnol, l'italien et l'allemand. « Il était tellement passionné de langues étrangères qu'il disait toujours avec une certaine pointe d'humour que son rêve finalement, c'était de parler le chinois. Pour avoir vécu en Europe de l'Est, notamment en Tchécoslovaquie et en Yougoslavie, il fut avant sa mort l'un des rares survivants à parler encore couramment le slave », lit-on dans la note.  

D’après Jean Emmanuel Jacquet, de son vivant, Wooley Henriquez était caractérisé par la rigueur de sa pensée et la justesse de ses analyses dans des domaines de spécialisation comme la littérature, le droit et la politique, domaines dans lesquels il se faisait particulièrement remarquer. « Son érudition le portait à discuter avec aisance de la portée des grandes révolutions post-industrielles qui ont concouru au développement du monde moderne. Sa verve imposante retenait si bien l'attention que ses idées émergeaient dans des débats à l'échelle nationale et internationale », fait remarquer le numéro un du ministère de la Culture et de la Communication.                    

                         



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