Les îles Cayemites ont « besoin d’une aide durable », selon l’agent exécutif intérimaire Kenson Bony

Publié le 2021-09-08 | lenouvelliste.com

Il n’y a pas photo. La situation des habitants des îles Cayemites « s’est aggravée depuis le séisme », a confié au Nouvelliste l’agent exécutif intérimaire, Kenson Bony, mercredi 8 septembre 2021. Son premier souci, a-t-il fait savoir, est de « retirer les gens sous les tentes ». Rien qu’à Pointe-Sable, 177 maisons ont été détruites, 262 autres endommagées.

Après Pointe-Sable, Nan Palmis est l’habitation la plus touchée. 42 des 60 maisons ont été détruites selon un bilan définitif, a expliqué Kenson Bony. Il a indiqué avoir reçu 14 parquets contenant chacun 5 bâches d'un lot d’aide de la Protection civile héliportée par l’armée américaine sur les îles Cayemites lundi dernier, deux semaines après le séisme. Cette aide de la Protection civile et  les 300 kits reçus du Fonds d'assistance économique et sociale (FAES), insuffisants par rapport aux besoins, ont  « suscité la division » au sein des habitations, a confié Kenson Bony, révélant que des habitants d'Anse-Maçon, moins frappés par le séisme, ont menacé d’incendier sa chaloupe pour avoir plus dans l’aide acheminée.

L’agent exécutif intérimaire a dit au journal qu’il a pris ses quartiers à Jérémie, au plus près du Centre d'opération d'urgence national (COUD). « Après l’aide acheminée par hélicoptère, nous ne voyons aucun représentant de l’Etat. Je suis obligé de quitter la commune pour venir dans le COUD afin de voir ce qui se négocie et voir ce que je peux trouver pour envoyer au comité d’urgence qui est resté sur l’île », a confié Kenson Bony, qui a déploré l’assassinat du président Jovenel Moïse. « Le président Moïse avait un œil sur l’île. Mes messages lui parvenaient », a-t-il poursuivi, appelant à la fourniture « d’une aide durable » à la population des îles Cayemites.

« Nous avons besoin d’eau, d’habitat et de la santé », a égrené l’agent exécutif intérimaire. Une épidémie de gratelle fait rage sur l’île. Nous n’avons même pas un médecin. Avec l’infirmière et récemment avec un partenaire, il y a eu une clinique mobile. 102 personnes ont été consultées, a ajouté Kenson Bony, soulignant que tout le monde doit être soigné en même temps pour freiner la maladie. « Je suis dans l’Etat mais Cayemites est la zone la plus méprisée par l’Etat », s'est désolé Kenson Bony.

La DPC prévoit une nouvelle mission sur l’île

Les îles Cayemites ont toujours été « une de nos priorités », a confié au journal le directeur de la Protection civile, le Dr Jerry Chandler, qui a pris le contre-pied du commentaire  du père Donald Marc Oward Bazile, indiquant qu’aucune entité de l’Etat n’est encore venue sur l'île en citant notamment le ministère de la Santé publique  et de la Population (MSPP), le ministère des Travaux publics Transports et Communications (TPTC) et la délégation de la Grand'Anse. « Le 1er septembre, j’ai personnellement supervisé deux livraisons d’assistance humanitaire sur les îles Cayemites », a-t-il indiqué, soulignant que cette aide a été  acheminée par hélicoptère et « remis au coordonateur du Casec en présence de la population ».

« La première livraison de 6 tonnes a eu lieu à Pointe-Sable et la seconde du même tonnage a eu lieu le même jour à Boucan-Philippe et consistait en bâches, kits d'hygiène, de cuisine, de couvertures en laine etc. », a expliqué le Dr Chandler. « Nous comptons retourner là-bas la semaine prochaine. Il nous reste encore du travail à abattre dans la réponse et l'acheminement de l’aide, mais les Cayemites ont été l’une de nos priorités », a insisté le directeur de la Protection civile, le Dr Jerry Chandler.

L’urgence des urgences sur les îles Cayemites, selon Père Marc Donald Oward Bazile, reste l’eau. Il n’y a pas de source d’eau sur l’île. Les 20 citernes  de 20 000 à 40 000 gallons construites jadis par Caritas, une ONG catholique, pour recueillir l’eau des averses, ont été endommagées, a confié le père Bazile, qui lance un appel à des donateurs pour trouver des « châteaux d’eau », des réservoirs d'eau. « Nous n’avons pas d’eau. Nous sommes obligés de boire où s'abreuvent nos bêtes. Nous avons des maladies à cause de cela », a confié Doumy, un habitant de l’île. « Nous n’avons pas de latrines. Nous déféquons à la mer », a tempêté cet habitant planté dans cette île où l’on attend des actions et une aide durable.

Roberson Alphonse



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