Crise politique/Dialogue

Ariel Henry tente de rallier à sa cause d'anciens opposants politiques à Jovenel Moïse

Secteur démocratique et populaire, Fusion des sociaux-démocrates, En Avant, MTVAYITI, INITE... presque toutes les organisations politiques ayant combattu avec acharnement le président Jovenel Moïse. Aujourd'hui, les dirigeants de ces structures politiques sont en négociation avec le Premier ministre de Jovenel Moïse, Ariel Henry, en vue d'arriver à un accord politique...

Publié le 2021-09-07 | lenouvelliste.com

« Nous avons participé à la rencontre de ce lundi avec le Premier ministre Ariel Henry, mais il n’y a pas encore d’accord en signature », a fait savoir la présidente de la Fusion, membre du Protocole d’entente nationale (PEN). Selon Edmonde Supplice Beauzile, plusieurs acteurs ayant participé à la rencontre ne voient pas de la même façon la Constitution, les élections, le CEP, l’organe de contrôle, l’environnement sécuritaire, le rétablissement de la confiance de la population dans les dirigeants… « La question du pouvoir monocéphale a aussi été abordée. Cette question a fait couler beaucoup de salive et le Premier ministre a dit est-il  habilité à installer un président ou pas ?», a rapporté sur radio Magik9 l’ancienne sénatrice de la République.

Ariel Henry, a ajouté la présidente de la Fusion, a demandé aux responsables des partis politiques ayant pris part à la rencontre de travailler afin de former un gouvernement de consensus. Le neurochirurgien dit entendre par-là avoir plus de marge de manœuvre pour agir en tant que Premier ministre.

Indiquant que le PEN va maintenant analyser l’accord du Premier ministre Henry pour ensuite faire une contre-proposition, Madame Beauzile a souligné que le sénateur Joseph Lambert était représenté à la rencontre par Me Annibal Coffy.

Il faut rappeler que les partis signataires du Protocole d’entente nationale (PEN) avaient dans un premier temps signé un accord dans lequel Joseph Lambert avait été désigné président provisoire de la transition et Ariel Henry Premier ministre. Dans un deuxième temps, le PEN a retiré son soutien et sa confiance à Ariel Henry. Aujourd’hui, il est en discussion avec ce dernier pour la formation d’un gouvernement de consensus. La politique est dynamique, dit-on.

" Je continue de travailler avec des volontaires pour un vrai accord politique. C'est nécessaire. Je suis reconnaissant envers mes amis du PEN qui avaient choisi de me soutenir. La politique est dynamique. Je respecte le nouveau choix de ceux qui veulent essayer le monocéphale", a écrit Joseph Lambert mercredi sur son compte Twitter comme pour exprimer ses frustrations contre ce qui semble être un revirement du PEN.

Pour sa part, l’ancien sénateur Nenel Cassy, l’un des dirigeants du Secteur démocratique et populaire, l’une des structures politiques regroupant les opposants qui étaient les plus farouches à  Jovenel Moïse, a confié sur Magik 9 que son organisation politique est actuellement en négociation avec le Premier ministre du président défunt.

« Nous sommes en pourparlers avec le Dr Ariel Henry. Il a proposé un accord. Nous avons remarqué que l’ensemble des revendications de la population sont inscrites dans ce document », a fait savoir Nenel Cassy.  Selon l’ancien parlementaire, des sujets comme le procès PetroCaribe, les massacres à La Saline, la conférence nationale, la participation de la diaspora au CEP figurent dans l’accord proposé par le Premier ministre de Jovenel Moïse.

Nenel Cassy a souligné que le Secteur démocratique a accordé une attention soutenue à la proposition d’accord d’Ariel Henry. « Le Dr Ariel Henry était toujours en pourparlers avec nous. Il nous avait déjà invités à participer à son gouvernement avant l’assassinat de Jovenel Moïse. Nous lui avions dit non parce que Jovenel Moïse avait franchi la ligne rouge », a-t-il rappelé.

Aujourd’hui, le Secteur démocratique souligne que seul un accord politique dans lequel sont indiquées toutes les revendications de la population peut le lier à Ariel Henry. « Il n'y a aucune provision constitutionnelle permettant de sortir de la crise. Seul un accord politique peut le faire », a-t-il soutenu, ajoutant qu’il n’y a pas encore d’accord politique signé avec le Premier ministre.

Selon ce qu’a laissé comprendre Nenel Cassy, dans le cas où il y aurait un accord avec Ariel Henry, ce dernier conserverait son poste de Premier ministre et des ministres comme Rockfeller Vincent seraient renvoyés du gouvernement.

Le Dr Emile Hérald Charles a confirmé au Nouvelliste qu’il avait représenté MTVAyiti à cette rencontre lundi avec le Premier ministre Ariel Henry. La rencontre se poursuivait hier mardi entre des représentants du Dr Henry et des représentants de partis politiques.

Dans un communiqué, le MTVAyiti a fait savoir qu’il est nécessaire de trouver aujourd'hui entre les propositions soumises par les uns et les autres un consensus large et inclusif qui jouisse du soutien de Ia population à l'échelle nationale.  « Après plus de deux ans d'efforts à la recherche de cette solution pacifique à cette crise qui a déjà trop duré, à ce carrefour important de notre histoire, il est indispensable d'éviter les erreurs du passé, notamment celles des trois dernières années. Fort de ces expériences, le MTVAyiti croit fermement que la démarche unitaire est celle qui se révèle le plus pragmatique et qui soit capable de nous conduire à la conclusion d'un véritable accord historique », lit-on dans le communiqué.

Il faut souligner que deux mois après l’assassinat du président Jovenel Moïse, les acteurs politiques et les organisations de la société civile ne sont toujours pas parvenus à la signature d’un accord politique. La Commission pour la recherche d’une solution haïtienne à la crise, ‘’ N ap mache pou lavi’, le sénateur Joseph Lambert et le Premier ministre Ariel Henry sont les forces en présence qui se battent pour imposer leur proposition de sortie de crise…



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