Les blessés évacués après le séisme ne sont pas au bout de leur peine

Publié le 2021-08-20 | lenouvelliste.com

De temps à autre, un hélicoptère se pose à l’aéroport international Toussaint Louverture. Les secouristes, munis de civière, accourent vers l’appareil pour récupérer les blessés qui arrivent. Ils viennent du grand Sud. De Jérémie, des Cayes, mais aussi des localités affectées par le séisme. 

Pour chaque patient, l’équipe médicale sur place contrôle l'état des blessés, leur prépare un dossier puis ces derniers rejoignent d’autres allongés sur des matelas sur une bâche orange posée à même le sol. Ils attendent d’être transportés par ambulance vers des centres hospitaliers de la zone métropolitaine ou à Mirebalais. 

À 1 heure du matin ce vendredi 20 août 2021, très peu d’ambulances sont en vue. L’attente pour les malades est longue. Leurs soupirs se perdent dans le vombissement des hélices qui brassent l’air. Un vent sec fait virevolter la poussière. Sous les yeux d’un proche qui a pu faire le voyage avec eux, le drame du 14 août 2021 se poursuit. « C’est ma tante là-bas, indique Claire. Nous venons des Cayes, de Leprèt, plus précisément. Elle s’est blessée lors du tremblement de terre depuis elle ne peut plus marcher », montre, impuissante, l'adolescente qui attend. 

« Mon fils de 11 ans est rentré ce matin. Je n’ai pas fait le voyage avec lui, je suis venue après. On l’a déjà transféré mais je ne sais pas où, on m’a dit d’attendre », confie une autre dame qui ne peut que se résigner. « C’est aussi notre cas, reprend une autre jeune dame qui vient de Fond-Cochon. Nous avions trois proches blessés. Il y en a d’autres que nous n’avons pas encore retrouvés. Mais les routes étant coupées, nous n’avions pas pu aller à l’hôpital. C’est ce matin qu’on a pu nous transporter ici. Mon fils est transféré à l’hôpital de Mirebalais avant notre arrivée, je n’ai d’autre choix que d’attendre », explique-t-elle. 

Comme plusieurs autres, les blessés et leurs proches qui les accompagnent n’ont personne à Port-au-Prince. À côté, une mère serre son enfant de 4 ans contre sa poitrine. « Je viens de l’Anse-à-Veau. Mon fils ne peut plus marcher depuis qu’il est tombé lors du séisme. Il était déjà aveugle, sourd et muet. J'ai perdu l’enfant de trois mois que je portais samedi ; j’ai beaucoup saigné, mais j’ai dû quand même faire le déplacement avec lui », se plaint-elle. 

Le tremblement de terre du 14 août 2021 qui a secoué les départements du Sud, Nippes et de la Grand’Anse a ; selon le bilan provisoire communiqué par les autorités, fait plus de 12 000 blessés. Parmi eux, s'amoncellent des bébés, des jeunes et moins jeunes. Des dizaines ont pu être évacués par voie aérienne grâce à la diligence de Ayiti Air Anbilans, des équipes des garde-côtes américains, de la compagnie Sunrise ou dans l’avion privé du sénateur Hervé Fourcand. S’ils sont arrivés en quelques minutes à Port-au-Prince, ils n'ont pourtant pas été transportés vers des centres hospitaliers immédiatement. Les équipes sur place font ce qu’ils peuvent. Mais ici aussi le manque de coordination entre les différents acteurs et le manque de moyens sont patents. Évacués, ces blessés qui arrivent du grand Sud ne sont pas au bout de leur peine. Il y a visiblement un effort à faire pour améliorer l’accueil des traumatisés qui arrivent à Port-au-Prince. 



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